Incendie destructeur en Gironde : 12 000 personnes évacuées, 2 000 hectares ravagés

La Gironde fait face à une catastrophe naturelle d’une ampleur alarmante. Depuis mercredi 22 juillet, un incendie d’une grande virulence a ravagé près de 2 000 hectares de forêt, principalement aux alentours du bassin d’Arcachon. Ce sinistre s’est accompagné de l’évacuation de près de 12 000 habitants et touristes de la région, déjà éprouvée par des incendies l’année précédente.

EN BREF

  • 2 000 hectares de forêt touchés par un incendie près du bassin d’Arcachon.
  • 12 000 personnes évacuées, dont 5 000 dès mercredi soir.
  • Une enquête est en cours pour déterminer l’origine du feu, potentiellement accidentelle.

Mercredi soir, environ 5 000 personnes avaient déjà été contraintes de quitter leur domicile, dont des résidents de plusieurs communes et d’un camping situé dans la zone menacée par les flammes. Dans les premières heures du jeudi, la préfecture a ordonné l’évacuation de six campings et d’un domaine résidentiel naturiste au nord du Cap Ferret, ajoutant ainsi 7 000 personnes aux chiffres déjà alarmants.

Les pompiers, mobilisant plusieurs centaines d’agents et 150 engins spécialisés, se battent contre des flammes qui atteignent plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Deux Dash, deux Canadair et quatre appareils Air Tractor ont été déployés pour soutenir les efforts au sol.

Heureusement, aucune victime n’est à déplorer pour le moment. Toutefois, plusieurs routes ont dû être coupées pour assurer la sécurité des opérations. L’incendie, parti de Saumos en début d’après-midi, a rapidement progressé vers Le Porge et se dirige maintenant vers Lège-Cap-Ferret, une zone très prisée des estivants.

Les conditions météorologiques demeurent défavorables, ce qui complique les efforts de lutte contre le feu. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a lancé un appel solennel aux habitants pour qu’ils respectent les consignes d’évacuation. « Il n’y a pas péril en la demeure, mais il faut le faire maintenant », a-t-elle souligné.

Le directeur du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), Marc Vermeulen, a qualifié la situation de « feu en phase convective, qui part dans tous les sens ». Pour tenter de contrôler l’incendie, les pompiers ont entrepris des manœuvres de « feu tactique » en lisière, cherchant à priver les flammes de tout combustible disponible. Malgré ces efforts, la surface brûlée a encore augmenté de 600 hectares, portant le total à environ 15 kilomètres de feu actif.

Le maire du Porge, Martial Zaninetti, a indiqué que le feu pourrait avoir été déclenché par un engin de débroussaillage. La gendarmerie, quant à elle, évoque une piste accidentelle, qui reste à confirmer.

En réponse à cette crise, la préfète a interdit tous les travaux forestiers utilisant des moteurs thermiques dans le département durant la vigilance rouge pour les feux de forêt. Cette mesure vise à prévenir de nouveaux départs de feu dans un contexte déjà très tendu.

Depuis le début de l’année, le gouvernement a enregistré plus de 12 500 départs de feu, avec un bilan alarmant de 44 000 hectares de forêt déjà brûlés. Ce chiffre est supérieur à celui de l’année précédente, où plus de 30 000 hectares avaient été ravagés, entraînant l’évacuation de quelque 50 000 personnes.

Face à cette situation préoccupante, le parquet de Bordeaux a annoncé un renforcement des poursuites pénales relatives à l’emploi du feu en milieu forestier, ciblant particulièrement des comportements irresponsables tels que le jet de mégots.

La lutte contre les incendies est plus que jamais une priorité pour les autorités, qui doivent faire face à des défis environnementaux croissants. La situation reste sous haute surveillance alors que les pompiers s’efforcent de maîtriser les flammes tout en protégeant les vies humaines.