Une scène invraisemblable s’est produite à Thiberville, dans l’Eure, où un prix de gazole affiché à 0,798 € a attiré des automobilistes, malgré un affichage extérieur proche de 2 euros. Ce phénomène, qui pourrait sembler relever du rêve, a conduit à une interrogation essentielle : les clients vont-ils devoir rembourser les litres de carburant achetés à ce tarif anormalement bas ?
EN BREF
- Un bug à la pompe a permis l’achat de gazole à 0,798 € au lieu de 2 €.
- Le préjudice pour Carrefour est estimé à 6 000 euros.
- La question du remboursement des clients se pose dans un flou juridique.
Ce soir-là, après la fermeture du magasin, la cuve de gazole venait d’être remplie. À l’extérieur, le prix habituel tournait autour de 2 euros, un tarif standard en ce début d’année 2026. Cependant, à la pompe, le montant de 0,798 € le litre a provoqué une ruée d’automobilistes, certains faisant même demi-tour pour ne pas rater cette aubaine. En quelques heures, des centaines de litres ont été vendus sans que la direction ne s’en rende compte immédiatement.
Ce type d’incident n’est pas unique. Des exemples similaires de bugs informatiques avaient déjà eu lieu dans d’autres contextes, mais ici, il s’agit d’une défaillance technique, et non d’une manipulation malveillante. La direction, alertée par l’afflux de clients, a rapidement révisé les tarifs, mais le préjudice financier était déjà conséquent.
Les causes de cette anomalie ne sont pas encore clairement établies. Plusieurs hypothèses sont envisagées : un problème technique sur les pompes, une mauvaise manipulation lors d’une maintenance, ou encore une défaillance logicielle. Ce qui intrigue particulièrement les observateurs, c’est le timing de l’incident, survenant après la fermeture du magasin et juste après le réapprovisionnement. Cela suggère un couac technique plutôt qu’une tentative de fraude.
Pour les automobilistes présents ce soir-là, cette situation a eu des allures de jackpot. Mais dans les coulisses, une complexité juridique se profile. Selon le Code de la consommation, les clients ont droit au tarif le plus avantageux en cas d’écart entre le prix affiché et le prix payé. Cependant, cette règle est soumise à la notion d’« erreur manifeste ». Si un prix est si bas qu’il semble irréaliste, l’enseigne peut refuser de l’appliquer.
Dans le cas de Thiberville, le prix de 0,798 € ne relève pas de l’inconcevable. Ce tarif correspond au prix de l’E85, un carburant moins taxé, pratiqué dans la même station. Ainsi, la qualification d’erreur manifeste devient discutable. Un client, de bonne foi, aurait pu croire à une promotion exceptionnelle sur le gazole plutôt qu’à un incident technique.
Pour l’heure, rien n’indique que les clients devront rembourser leur plein. Néanmoins, Carrefour pourrait envisager une action si elle juge que le tarif était clairement anormal au regard de la législation.
Ce bug, qui a coûté 6 000 euros à l’enseigne en une seule soirée, transforme une simple défaillance technique en une situation qui pourrait avoir des répercussions juridiques importantes. Reste à voir si Carrefour tentera de récupérer son argent, ou si cet incident sera mémorisé comme la meilleure soirée de l’année pour quelques automobilistes chanceux de l’Eure.