La disparition de Catherine Ringer, survenue dans la nuit du 14 au 15 septembre, rappelle une période difficile de sa vie. En 2008, quelques mois après le décès de son partenaire musical, Fred Chichin, la chanteuse emblématique des Rita Mitsouko avait pris la décision d’une hospitalisation volontaire, un choix souvent mal interprété. Elle avait finalement partagé les véritables raisons derrière cette démarche.
EN BREF
- Catherine Ringer a perdu Fred Chichin fin 2007, un choc traumatique.
- En 2008, elle se fait hospitaliser volontairement après un incident à l’aéroport.
- Cette période d’internement lui a permis de se reconstruire avant son retour musical.
La mort de Fred Chichin, survenue brusquement à la fin de l’année 2007, a été un choc dévastateur pour Catherine Ringer. Depuis près de trois décennies, le duo formé par les deux artistes faisait vibrer la scène musicale française avec des titres iconiques. Malgré ce douloureux départ, Ringer a choisi de poursuivre la tournée de l’album Variéty, en s’accrochant aux dernières paroles de son compagnon : « Continue sans moi. Je suis remplaçable en tant que guitariste. C’est toi qui fais le show ». Cette décision, bien que difficile, était pour elle une manière de tenir le coup face à la douleur.
Cependant, lorsque les projecteurs se sont éteints, le poids du chagrin s’est intensifié. En 2008, alors qu’elle se rendait aux États-Unis pour travailler sur un nouvel album, un incident mineur à l’aéroport a déclenché une réaction inattendue. « J’ai eu un souci de billet d’avion et j’ai pété les plombs. J’étais à cran », a-t-elle raconté au Parisien en 2011. Cet accès de nerfs était en réalité le reflet d’une accumulation de stress : le deuil de Fred, la reprise de la tournée et la pression de la création musicale.
Contrairement à ce que certains ont pu penser, son hospitalisation en psychiatrie n’était pas le résultat d’un internement contraint, mais plutôt une démarche consciente. Ringer a précisé : « Je n’étais pas angoissée mais surexcitée plutôt. J’ai passé quatre semaines en internement psychiatrique avant quatre mois d’arrêt ». Elle a reconnu qu’elle avait besoin d’un cadre médical strict pour éviter de sombrer dans une dépression plus profonde.
Cette période d’internement s’est révélée bénéfique. Elle a pu se reposer et affronter la phase la plus sombre de son deuil. Son retour sur la scène musicale s’est matérialisé avec l’album Ring’n Roll en 2011, un hommage poignant à Fred Chichin. Cet album symbolise la résilience de Ringer et son désir d’honorer la mémoire de son partenaire.
Des années plus tard, Ringer a partagé son rapport à la vie et à la mort. Dans une interview accordée à Soir Mag, elle a exprimé : « Je suis contente d’avoir 68 ans, d’être une senior. Je suis heureuse que la vie avance et je suis aussi contente qu’elle se termine un jour ». Cette lucidité témoigne de son acceptation des cycles de la vie, une vision qu’elle a toujours intégrée dans sa musique.
Catherine Ringer se présente comme une femme ayant choisi d’affronter ses faiblesses plutôt que de les cacher. Son honnêteté et sa transparence face à ses luttes personnelles continuent de résonner auprès de nombreux admirateurs, renforçant son héritage dans le paysage musical français.