Guillaume de Tonquédec évoque la maladie de sa mère et sa honte sur France Inter

Reconnu pour son rôle emblématique dans la série Fais pas ci, fais pas ça, l’acteur Guillaume de Tonquédec se livre sur une épreuve personnelle marquante. Depuis des années, il fait face à la maladie de sa mère, atteinte de sclérose en plaques depuis ses 40 ans. Lors d’une interview sur France Inter, il a exprimé une honte qu’il n’avait jamais révélée auparavant, témoignant ainsi de la complexité des émotions liées à la maladie de ses proches.

EN BREF

  • Guillaume de Tonquédec parle de la sclérose en plaques de sa mère.
  • Il évoque des sentiments de honte et de déchirement face à sa condition.
  • Son livre et son spectacle abordent ces thèmes avec honnêteté.

La série qui l’a propulsé sur le devant de la scène a récemment subi une perte tragique : la mort de Bruno Salomone, son partenaire de jeu, a bouleversé l’ensemble du casting. Ce deuil a incité Guillaume à réfléchir sur sa propre vie et à aborder des sujets souvent tus par les personnalités publiques. Bien que la maladie de sa mère soit un sujet délicat, il a choisi de partager son expérience, allant au-delà des conventionnelles barrières de la vie privée.

Diagnostiquée alors qu’il avait seulement 14 ans, la sclérose en plaques de sa mère a profondément marqué l’adolescent. Ce choc a transformé son père en aidant, une dynamique familiale que beaucoup de familles connaissent. Malheureusement, le sort s’est acharné sur la famille de Tonquédec, son père étant également touché par la maladie d’Alzheimer. Deux parents malades : un fardeau émotionnel que l’acteur a décidé de ne pas porter seul.

Dans son ouvrage, intitulé Ta mère et moi, il retrace l’histoire d’amour de ses parents. Cette œuvre, publiée le 10 septembre dernier, ne se limite pas à un hommage. Elle aborde aussi les aspects sombres de la maladie, des émotions souvent réprimées. Lors de son passage sur France Inter, Guillaume a lu des extraits poignants, révélant des phrases difficiles à entendre, mais qui résonnent avec une vérité déchirante.

« J’ai honte de voir ma mère en fauteuil roulant », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « J’ai honte d’être vu à côté d’elle dans la rue ». Ces mots, d’une grande force, illustrent le déchirement souvent ressenti par ceux qui voient un proche souffrir.

Guillaume de Tonquédec

Sur France Inter, il a insisté sur la nécessité d’être « honnête » dans son témoignage. « Si je veux parler de ça, il faut que je sois honnête, que j’agisse comme un honnête homme », a-t-il affirmé. Cette transparence vise à aider d’autres aidants à se reconnaître et à valider leurs propres sentiments.

Guillaume de Tonquédec ne se contente pas de décrire la douleur de voir un être cher souffrir. Il met également en lumière les sentiments contradictoires qui l’habitent : la colère, le déni, et même l’envie de fuir parfois. Ces émotions sont souvent vécues en silence, et son témoignage cherche à briser ce tabou.

Ce partage ne se limite pas à un livre. À partir du 26 octobre, il présentera un seul-en-scène au Théâtre de Paris, adapté de son ouvrage. Un projet soutenu par son épouse, l’architecte d’intérieur Christèle Marchal, avec qui il a fondé une famille. Ensemble, ils ont trois enfants : Amaury, Timothé et Victoire. Cette unité familiale est d’autant plus précieuse face aux défis que rencontrent leurs grands-parents.

La honte, la colère, le déni : ces mots, qui résonnent avec tant d’aidants, deviennent les piliers de l’œuvre de Guillaume de Tonquédec. En osant parler de ses émotions, il offre une voix à ceux qui vivent des situations similaires, transformant ainsi sa douleur en un message d’espoir et de compréhension.