Invitée à se remémorer son parcours devant les caméras de l’INA, Christine Ockrent a partagé sans détour son expérience face aux remarques sexistes qui ont jalonné sa carrière. À 82 ans, l’ancienne présentatrice du journal télévisé d’Antenne 2 ne mâche pas ses mots pour dénoncer les injonctions faites aux femmes dans le milieu audiovisuel, offrant un témoignage à la fois lucide et percutant.
EN BREF
- Christine Ockrent évoque les stéréotypes sexistes rencontrés durant sa carrière.
- Elle critique la pression sociétale sur les femmes de sourire à l’écran.
- Ockrent défend les femmes journalistes face aux attaques basées sur leur vie privée.
Lors d’un entretien accordé à l’INA le 9 janvier 2025, récemment partagé sur Instagram, Christine Ockrent a évoqué des souvenirs amers de sa carrière. À l’époque, elle subissait des remarques dégradantes, notamment de Jacques Séguéla, qui la qualifiait de « thatcher de l’information », insinuant qu’elle ne souriait pas assez. « Encore aujourd’hui, ce qu’on attend d’une femme, c’est qu’elle sourit », déplore-t-elle, soulignant l’inadéquation de cette attente face à des nouvelles tragiques, comme des décès massifs dans des incendies.
Christine Ockrent, pionnière en France de la présentation de journaux télévisés, n’hésite pas à aborder la pression sociale qui pèse sur les femmes. « Le rôle social d’une femme, c’est de mettre ses seins en avant et de sourire », affirme-t-elle, dénonçant ainsi des stéréotypes profondément ancrés. Elle souligne la difficulté de cette mission, rappelant qu’elle n’osait même pas regarder ses apparitions à la télévision. « Heureusement qu’on a le maquillage. Je ne me regardais pas. Je déteste aujourd’hui encore », confie-t-elle.
Christine Ockrent se positionne également comme une défenseuse des femmes dans le secteur audiovisuel. Elle évoque les critiques injustes que Léa Salamé a subies lors de ses débuts en tant que présentatrice du JT de 20h sur France 2. Dans une interview accordée à Public Sénat en janvier, elle a dénoncé les attaques ciblées sur les femmes journalistes, qui sont souvent soumises à des jugements concernant leur vie personnelle, contrairement à leurs homologues masculins. « Vous trouvez qu’il y a beaucoup d’attaques contre ces messieurs ? Donc, ça, c’est vieux comme Hérode », affirme-t-elle, mettant en lumière un système machiste persistante.
En prenant la parole pour défendre ses consœurs, Christine Ockrent souhaite continuer à lutter contre ces stéréotypes pour le reste de sa vie. Sa voix et son témoignage résonnent comme un appel à l’égalité et à la reconnaissance du travail des femmes dans le journalisme, qui doivent être jugées pour leurs compétences et non pour leur apparence.
À travers ses expériences, Christine Ockrent incarne une génération de femmes qui a dû se battre pour s’imposer dans un milieu souvent dominé par des normes patriarcales. Son message continue d’être pertinent, rappelant que la lutte pour l’égalité des sexes dans le journalisme et au-delà est loin d’être terminée.