La députée de La France insoumise (LFI) Clémence Guetté n’a pas mâché ses mots à l’égard du Premier ministre Sébastien Lecornu, après son allocution du 8 octobre. Sur le plateau de RMC, elle a qualifié son intervention de « médiocre » et a dénoncé une « opération d’enfumage » au moment où la colère des lycéens s’intensifie. Cette réaction fait écho à l’annonce faite par le gouvernement sur la mise en place de temps d’échanges dans les lycées, en vue de recueillir les doléances des étudiants.
EN BREF
- Clémence Guetté dénonce l’intervention de Sébastien Lecornu comme une manœuvre dilatoire.
- Le Premier ministre a promis des échanges dans les lycées mais sans mesures concrètes immédiates.
- Les revendications des lycéens restent ignorées, aggravant leur mobilisation.
Lors de son allocution, Sébastien Lecornu a évoqué la tenue de sessions d’échanges dans les établissements scolaires, promettant des annonces d’ici fin octobre. Il a mentionné que 40 000 contributions avaient été enregistrées sur une plateforme dédiée. Cependant, Clémence Guetté n’est pas convaincue par cette approche, la qualifiant d’indécente et affirment qu’il s’agit d’une tentative de gagner du temps.
Tout en admettant que la création de cette plateforme est une initiative positive, elle a mis en garde contre le risque qu’elle ne mène à rien, à l’instar des cahiers de doléances des gilets jaunes. « Si c’est pour en faire la même chose que les cahiers de doléances des gilets jaunes, c’est-à-dire absolument rien, ce n’est pas satisfaisant », a-t-elle déclaré. En ce qui concerne les besoins immédiats des lycéens, tels que les remplacements de professeurs ou les investissements dans les infrastructures scolaires, aucune promesse n’a été faite.
Les demandes des lycéens sont claires : la fin de la plateforme Parcoursup, un meilleur accès à l’université et la révision de la réforme des rythmes scolaires. Clémence Guetté a rappelé que ces revendications sont soutenues par une large majorité de la population. Elle a également révélé que le budget éducatif pour 2027 prévoit la suppression de 1588 postes, une information qui alimente sa critique du gouvernement.
Elle a également souligné que bien que le gouvernement ait annoncé une augmentation de 1,2 milliard d’euros pour l’éducation nationale, cela ne répond pas aux véritables besoins. « Cela comprend des coupes et une baisse à euro réel, ça ne prend pas en compte l’inflation », a-t-elle insisté. Cette situation laisse augurer une crise persistante dans le secteur éducatif.
Pour Clémence Guetté, la solution à la crise lycéenne passe par une écoute attentive des revendications des étudiants. Elle a encouragé les lycéens à continuer leur mobilisation, affirmant qu’ils bénéficient du soutien de la majorité des Français. « L’exercice auquel s’est prêté Lecornu était une opération d’enfumage et de quasi-provocation », a-t-elle martelé, dénonçant la stratégie du gouvernement qui, selon elle, privilégie les marchés financiers plutôt que le bien-être des jeunes.
La députée a également pointé du doigt le soutien affiché par le gouvernement à la police face aux violences policières, évoquant des cas extrêmes de répression. « Il y a des cas extrêmes, on parle d’enfants qui ont, pour une mobilisation, perdu une main, un œil », a-t-elle déclaré, exprimant son indignation face à une situation jugée inacceptable.
En conclusion, la tension entre le gouvernement et les lycéens semble loin de se résorber, et les mots de Clémence Guetté résonnent comme un appel à la vigilance et à la mobilisation pour des revendications justes et nécessaires.