Un texte de théâtre, quelques mots prononcés à voix haute, et un souvenir refait surface, intact après des décennies de silence. C’est l’expérience vécue par Clémentine Célarié, qui a décidé de partager cet épisode douloureux lors d’une intervention télévisée, sans détour ni ambages.
EN BREF
- Clémentine Célarié raconte avoir subi des attouchements par une religieuse à 12 ans.
- Son témoignage, marqué par la franchise, vise à libérer la parole sur les abus.
- L’actrice appelle à dénoncer les violences faites aux femmes et à briser les tabous.
Le 20 janvier, Clémentine Célarié était l’invitée de l’émission C l’Hebdo la suite. En travaillant sur le texte de sa prochaine pièce, un souvenir troublant a refait surface. « Je me rends compte que j’ai été approchée par une bonne sœur il y a longtemps », confie-t-elle, visiblement affectée par la clarté de ce souvenir retrouvé.
La présentatrice Aurélie Casse, consciente de la gravité de la situation, comprend que ce n’est pas une simple anecdote, mais un fait marquant de l’enfance de l’actrice. À l’âge de 12 ans, Clémentine Célarié a vécu des attouchements, décrivant ces gestes comme « un peu de caresses sur les cuisses ». Des mots simples pour des actions qui, à ce jeune âge, évoquent un malaise qu’elle ne pouvait pas encore expliquer.
Ces attouchements, commis par une figure d’autorité religieuse, font écho à une longue liste d’abus longtemps tus au sein d’institutions religieuses, comme l’ont révélé plusieurs affaires ces dernières années. « Je trouvais ça bizarre », résume-t-elle, illustrant la confusion des victimes mineures face à des comportements qu’elles ne comprennent pas. Aujourd’hui, elle choisit de ne pas révéler l’identité de cette religieuse, probablement décédée, soulignant ainsi la portée de son témoignage sans chercher la vengeance.
Un parcours de résilience
Ce n’est pas la première fois que Clémentine Célarié aborde des violences vécues. En décembre 2025, elle s’était déjà confiée sur son rôle dans la série Le Diplôme, où son personnage est victime de violences conjugales. Ce rôle a réactivé chez elle des souvenirs douloureux, la poussant à réfléchir sur sa propre histoire. « Ce rôle, c’est un cadeau à condition de garder la bonne distance », expliquait-elle alors, conscient des émotions que cela pouvait susciter.
Pour préserver son équilibre, l’actrice a dû établir une frontière claire entre sa vie et son personnage tout au long du tournage. Un exercice d’équilibriste qu’elle a abordé avec lucidité. « Ce n’était pas douloureux pour moi parce que je considère que c’était nécessaire d’en parler », affirme-t-elle, persuadée de l’importance de mettre en lumière ces sujets délicats.
Briser le silence sur les violences faites aux femmes
Clémentine Célarié insiste sur la nécessité de « faire exploser les tabous » entourant les violences masculines. Selon elle, « plus les femmes en parleront, plus on pourra s’occuper d’elles ». Récemment, elle a évoqué comment ce rôle l’a amenée à une véritable prise de conscience. Comme de nombreuses victimes, elle avait gardé le silence pendant des années.
« Être violentée par un homme qu’on aime, c’est inimaginable », confie-t-elle, mettant en lumière un vécu que beaucoup de femmes taisent par honte ou culpabilité. « On se dit qu’on est nulles, responsables », dénonce-t-elle, soulignant les mécanismes d’autoaccusation qui empêchent tant de victimes de prendre la parole.
Clémentine Célarié a longtemps « verrouillé ces violences dans un coin de sa tête » jusqu’à ce qu’un documentaire déclenche un électrochoc, libérant une parole longtemps contenue. Sur le tournage de Le Diplôme, son partenaire Charles Berling s’est montré « très attentif » et a toujours respecté ses limites lors des scènes les plus difficiles à jouer.
« J’ai découvert pendant ce tournage que le corps a une mémoire », conclut l’actrice, illustrant pourquoi ces souvenirs d’enfance ont pu remonter à la surface tant d’années plus tard, toujours intacts. Des témoignages comme le sien s’inscrivent dans une dynamique plus large de libération de la parole, à l’image des récentes accusations visant d’autres figures du spectacle.