Ce mardi 5 mai, Coline Berry a livré un témoignage poignant sur RTL, révélant des pressions subies de la part de son père, Richard Berry. Dans cette interview, elle a évoqué les menaces de reniement qui l’ont empêchée de s’exprimer librement sur des accusations graves d’inceste. À travers ses mots, elle décrit un parcours de silence qui a duré des décennies, marqué par des traumatismes enfouis et des tentatives infructueuses d’ouvrir le dialogue avec son père.
EN BREF
- Coline Berry accuse son père Richard Berry d’inceste durant son enfance.
- Elle a subi des pressions émotionnelles pour ne pas évoquer ces faits.
- Son témoignage alimente le débat sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs.
Coline Berry, âgée de 45 ans, a révélé que son père l’aurait contrainte à des jeux sexuels entre 8 et 10 ans dans les années 1980. Bien que Richard Berry, 75 ans, ait toujours nié ces accusations, sa fille a pris courageusement la parole en 2021 en déposant une plainte pour « viols, agressions sexuelles et corruption de mineur ». Cette procédure a cependant été classée sans suite en raison de la prescription des faits.
Lors de son intervention sur RTL, Coline Berry a partagé que ce n’est qu’à l’âge de 20 ans, en entamant une thérapie avec la psychanalyste Claude Halmos, qu’elle a commencé à mettre des mots sur ce qu’elle a vécu. « C’est elle qui a mis le mot d’inceste », a-t-elle confié. Avant cette thérapie, les souvenirs étaient présents, mais sans le vocabulaire adéquat pour les exprimer.
La situation a pris une tournure plus complexe lorsque Coline a tenté d’aborder le sujet avec son père. Selon ses dires, chaque tentative a été accueillie par des dénis. Le moment le plus marquant, selon elle, fut lorsqu’elle a évoqué ses souvenirs avec Richard Berry, qui aurait menacé de la renier si elle continuait à en parler. Cette menace a agi comme un verrou sur sa parole, renforçant le silence déjà pesant entourant ces accusations.
Coline Berry a souligné la complexité des relations entre victimes et agresseurs, notamment lorsque ces derniers sont des membres de la famille. « Les agressions sexuelles sur un enfant, surtout lorsqu’elles sont commises par un parent, créent une dynamique très difficile », a-t-elle déclaré. Cette dynamique est souvent utilisée par l’agresseur pour maintenir le silence. Les travaux de la commission sur l’inceste à l’Assemblée nationale ont d’ailleurs mis en lumière ces mécanismes de pouvoir.
Malgré la gravité de ses accusations, Coline a surpris de nombreux auditeurs en affirmant qu’elle aime toujours son père. Cette admission illustre la dualité éprouvée par de nombreux enfants maltraités, qui peuvent ressentir une affection pour leurs agresseurs. « Beaucoup d’enfants maltraités continuent à aimer leurs parents, car ils ne sont pas des monstres dans leur totalité », a-t-elle ajouté. Cette complexité émotionnelle explique pourquoi tant de victimes mettent des années à parler.
Coline Berry a également évoqué des éléments troublants, tels qu’un polaroïd compromettant trouvé dans les affaires de son père, ainsi qu’une chanson aux paroles ambiguës que Richard Berry avait écrite pour elle. Ces éléments, couplés à son témoignage, alimentent une narration de plus en plus détaillée autour de cette affaire.
Le conflit familial ne se limite pas à un simple conflit père-fille. Coline bénéficie du soutien de sa cousine Marilou Berry et de la mère de celle-ci, Josiane Balasko, qui défendent publiquement sa crédibilité. En revanche, le clan de Richard Berry se montre uni contre les accusations. Sa sœur, Marie Berry, a accusé Coline de mentir, et sa compagne, Pascale Louange, a exprimé son hostilité dans une lettre ouverte.
Cette guerre de communication rappelle d’autres affaires médiatisées où des familles se déchirent autour d’accusations de violences. Les dynamiques familiales complexes, souvent exacerbées par la notoriété, font écho à d’autres histoires telles que celles de la famille Delon ou Gainsbourg, où des accusations de violences ont également été révélées.
Malgré le classement sans suite de sa plainte, Coline Berry a affirmé son intention de poursuivre son combat. Son passage sur RTL s’inscrit dans une démarche de parole publique qu’elle a choisie d’assumer. Là où la justice n’a pas pu intervenir, elle utilise la plateforme médiatique pour faire entendre sa voix.
Ce combat touche également des enjeux plus larges. En s’exprimant devant les députés, Coline Berry a contribué à faire avancer le débat sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, un sujet qui suscite des opinions divergentes au sein de la classe politique. Son témoignage, ainsi que ceux d’autres victimes, ouvre la voie à une prise de conscience nécessaire face à la fragilité de la parole des victimes présumées de violences intrafamiliales.
Chaque témoignage, chaque procès, contribue à éroder le mur du silence qui entoure ces questions. Celui de Coline Berry, par sa notoriété et sa détermination, est devenu emblématique, marquant une étape significative dans la lutte contre l’inceste et les violences faites aux enfants.