Colombes : une bombe de la Seconde Guerre mondiale neutralisée, retour des riverains

Un bruit sourd suivi de lourds échos a marqué ce dimanche après-midi à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, la destruction d’une imposante bombe de la Seconde Guerre mondiale. Cette opération de déminage a permis aux 15.000 riverains évacués de regagner leurs domiciles une heure après l’explosion contrôlée.

EN BREF

  • Des milliers de riverains évacués lors de la destruction d’une bombe de 225 kilos.
  • Opération de déminage complexe menée par cinq experts, sans incident.
  • La neutralisation de cette munition rappelle des interventions similaires à Paris.

L’explosion, survenue à 15h18, visait une bombe aérienne anglaise de 225 kilos, contenant 100 kilos d’explosifs, selon Béatrice Steffan, secrétaire générale de la zone de défense de Paris. Cette munition, tombée de 4.000 mètres en 1942, avait été découverte fortuitement lors de travaux de BTP le 10 avril, s’étant enfoncée à trois mètres sous terre sans détoner. L’expert technique Christophe Pezron a souligné le caractère providentiel de cette découverte, affirmant qu’un immeuble aurait pu être construit au-dessus de l’engin si les pelleteuses avaient creusé un peu plus.

La destruction de cette bombe a nécessité un modus operandi de haute technicité. Cinq démineurs se sont d’abord engagés à extraire l’arme et à la transporter sur 30 mètres au sein du chantier. Initialement, l’équipe avait prévu de désamorcer manuellement l’engin, mais le détonateur s’étant révélé totalement soudé, ils ont dû opter pour une destruction contrôlée.

Pour ce faire, la bombe a été descendue dans un trou recouvert de charges explosives et entièrement recouvert par un dôme de sable. La stratégie de sécurité comprenait également la création de tranchées pour casser la propagation des ondes de choc souterraines, ainsi qu’une vérification de la canalisation de gaz par GRDF, effectuée avec succès après la détonation. Ce dispositif a permis de garantir la sécurité des riverains tout en minimisant les risques de dommages aux infrastructures environnantes.

Le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a souligné l’ampleur de l’opération, qui a nécessité l’évacuation de 15.000 personnes, un défi logistique supérieur à celui rencontré lors du déminage de la porte de la Chapelle à Paris en 2019, où 10.000 personnes avaient été évacuées. À 16h30, il a annoncé la levée du périmètre de sécurité, initialement prévu jusqu’à 19h00, permettant aux habitants de retrouver leurs foyers.

Le maire de Colombes, Joakim Giacomoni, a également exprimé sa satisfaction, qualifiant cette opération de réussite pour ses habitants. La préfecture de police avait déployé des moyens importants pour sécuriser la zone, mobilisant plus de 360 personnels de police et de secours, incluant 200 forces mobiles et la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Les riverains, maintenus à bonne distance, ont été accueillis dans cinq centres d’accueil, où ils ont pu patienter dans l’attente de leur retour.

Cette journée a été marquée par des moments d’émotion, avec des applaudissements spontanés des riverains présents à la sortie du chantier, saluant le travail des équipes de déminage. La neutralisation de tels vestiges en milieu urbain dense rappelle la paralysie de la gare du Nord à Paris en mars 2025, provoquée par la découverte d’une munition de 500 kilos, nécessitant l’évacuation d’écoles et mobilisant 300 policiers.

Ce succès technique à Colombes témoigne de l’importance des interventions de déminage dans les zones urbaines, où les vestiges de la guerre continuent de représenter un danger potentiel. Les autorités demeurent vigilantes face à ces risques, assurant la sécurité des citoyens tout en préservant la mémoire historique des événements passés.