Pérou : des milliers de manifestants dénoncent une fraude électorale à Lima

Le 19 avril 2026, au moins trois mille personnes se sont rassemblées à Lima, à l’invitation du candidat ultraconservateur Rafael López Aliaga, pour exprimer leur mécontentement face à une prétendue fraude lors de l’élection présidentielle péruvienne, qui a eu lieu le 13 avril. Cette manifestation survient alors que le pays traverse une situation politique chaotique, marquée par des défaillances logistiques lors du premier tour.

EN BREF

  • Trois mille manifestants à Lima dénoncent une fraude électorale.
  • Les résultats du premier tour des élections restent incertains.
  • Rafael López Aliaga réclame l’annulation du scrutin.

Au cœur de cette agitation, Rafael López Aliaga, ancien maire de Lima, a pris la parole devant ses partisans, affirmant que les élections étaient entachées d’irrégularités. « Non à la fraude, respectez le vote », ont scandé les manifestants, brandissant des pancartes dénonçant les dysfonctionnements du processus électoral. Selon eux, le dépouillement des voix est entaché de graves irrégularités.

Le Jury national des élections a indiqué que les résultats officiels devraient être publiés vers la mi-mai, en raison de la lenteur du dépouillement. À ce jour, 93,4 % des procès-verbaux ont été traités, et les résultats partiels montrent que la candidate de droite Keiko Fujimori est en tête avec 17 % des voix, suivie du candidat de gauche radicale Roberto Sánchez à 12 %, et de Rafael López Aliaga, qui obtient 11,9 % des suffrages.

La tension est palpable, et le candidat ultraconservateur n’hésite pas à promettre des récompenses de 5 800 dollars pour toute preuve de fraude électorale. « Mes amis, ils volent notre pays. Ce que nous subissons actuellement était planifié. Nous n’avions jamais vu ça dans l’histoire du Pérou », a-t-il déclaré, galvanisant ses partisans.

Les autorités, quant à elles, ont réagi face à cette montée de tension. Le parquet et la police ont effectué des perquisitions dans les locaux du Bureau national des processus électoraux (ONPE). Le directeur de l’ONPE, Piero Corvetto, ainsi que trois autres fonctionnaires, sont sous le coup d’accusations de délits électoraux présumés. Cette situation aggrave encore le climat de méfiance autour du processus électoral.

Pourtant, une mission d’observation de l’Union européenne a déclaré ne disposer d’aucun élément probant soutenant les accusations de fraude. Cette position pourrait apaiser certains des manifestants, mais pour d’autres, comme Victor Suarez, 40 ans, les irrégularités demeurent : « Nous ne sommes pas d’accord avec le comptage des votes parce qu’il y a beaucoup d’irrégularités », a-t-il affirmé lors de la manifestation.

Les événements de cette semaine au Pérou illustrent une fois de plus les tensions profondes qui traversent la société péruvienne. Alors que les résultats des élections sont toujours en suspens, la question de la légitimité du scrutin reste au cœur des préoccupations des citoyens. Les jours à venir seront décisifs pour l’avenir politique du pays.