Colombie : attentat meurtrier dans le Cauca avant l’élection présidentielle

Un attentat à la bombe a frappé le département du Cauca, en Colombie, faisant sept morts et plus de vingt blessés. Cet acte de violence survient à un peu plus d’un mois des élections présidentielles, soulevant des inquiétudes sur la sécurité dans la région. Le gouverneur du Cauca, Octavio Guzmán, a confirmé que l’explosion s’est produite sur une route, dans une zone traditionnellement influencée par des groupes armés.

EN BREF

  • Sept personnes ont perdu la vie dans un attentat à la bombe dans le Cauca.
  • Le président Gustavo Petro a dénoncé les auteurs comme des « terroristes ».
  • La sécurité est un enjeu central à l’approche des élections présidentielles du 31 mai.

Selon le gouverneur, un engin explosif a été déclenché, causant des dégâts significatifs sur les lieux. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des véhicules détruits et des victimes gisant au sol, témoignant de la violence de l’explosion. Les témoins rapportent avoir été projetés sur plusieurs mètres par le souffle de la détonation.

Le président colombien, Gustavo Petro, a réagi fermement via un message sur le réseau social X. Il a qualifié les responsables de cet attentat de « terroristes, fascistes et trafiquants de drogue », et a affirmé vouloir mobiliser les meilleures troupes pour faire face à cette menace. Il a également pointé du doigt Ivan Mordisco, le chef de la dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), souvent comparé à Pablo Escobar, un ancien baron de la drogue.

Cette attaque s’inscrit dans un climat de tensions croissantes à l’approche du premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 31 mai. La sécurité est un sujet central des débats, exacerbée par une série d’autres attaques récentes, dont un attentat contre une base militaire à Cali, qui a également fait un mort. Au total, 26 attaques ont été recensées ces deux derniers jours dans les départements de la Vallée du Cauca et du Cauca, selon Hugo López, commandant des forces armées.

Face à cette escalade de violence, le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a annoncé un renforcement des effectifs militaires et policiers dans la région. Le président Petro, qui a tenté de négocier un accord de paix avec Mordisco durant son mandat, a opté pour une réponse plus agressive à cette dissidence, qui est devenue l’une des plus recherchées du pays. Une récompense d’environ un million de dollars est offerte pour toute information conduisant à sa capture.

Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire de la Colombie, quittera bientôt ses fonctions après les élections de mai, après avoir eu des difficultés à établir un dialogue durable avec les groupes armés qui ont prospéré pendant son mandat. La vague d’attentats récents met en lumière les défis sécuritaires qui pèsent sur le pays, particulièrement après l’assassinat du candidat de droite Miguel Uribe lors d’un meeting en juin 2025.

Les sondages actuels indiquent que le dauphin politique de Petro, le sénateur Iván Cepeda, est en tête, suivi des candidats de droite Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia. Tous trois ont reçu des menaces de mort, entraînant un renforcement de leur sécurité. En Colombie, les groupes armés, qui tirent leurs revenus de diverses activités criminelles, cherchent souvent à influencer le processus électoral par la violence.