Comment « Bismillah c’est les ténèbres » est devenu le cri de ralliement des lycéens

Dans les manifestations lycéennes actuelles, un slogan retentissant émerge : « Bismillah c’est les ténèbres ». Cette phrase, attribuée à des messages envoyés sur Snapchat par de présumés policiers infiltrés, fait désormais le tour des pancartes et des réseaux sociaux, symbolisant à la fois la colère des jeunes et une satire de l’infiltration policière.

EN BREF

  • Le slogan « Bismillah c’est les ténèbres » s’est répandu parmi les lycéens.
  • Il proviendrait de messages Snapchat d’agents infiltrés tentant d’interroger des élèves.
  • Cette phrase incarne une critique humoristique de la relation entre la jeunesse et les forces de l’ordre.

Évoqué dans de nombreuses pancartes, ce slogan est devenu une référence pour toute une génération en colère. La formule a pris racine sur Snapchat, où de nombreux lycéens rapportent des tentatives d’infiltration par des personnes se faisant passer pour des camarades. Les messages envoyés mêlent souvent le français et l’arabe, et des pseudonymes à consonance maghrébine, renforçant l’idée d’une approche peu subtile et teintée de stéréotypes.

La phrase emblématique de « Bismillah c’est les ténèbres » a été popularisée par une capture d’écran d’un prétendu policier, Mamadou, qui cherchait à obtenir des informations sur des blocus lycéens. La traduction littérale de cette expression, « Au nom de Dieu, c’est les ténèbres », semble déconcertante, mais elle en dit long sur la perception qu’ont ces agents de la jeunesse mobilisée.

Ce phénomène d’infiltration, bien qu’il n’ait pas été officiellement confirmé, alimente les discussions et les théories sur le rôle des forces de l’ordre dans les mouvements de protestation. Les lycéens, en s’emparant de cette phrase, transformant une tentative d’intimidation en un outil de résistance, mettent en lumière le fossé grandissant entre eux et les autorités.

Des vidéos humoristiques circulent également sur TikTok, parodiant ces infiltrations maladroites et soulignant le ridicule de la situation. L’humoriste Pierre-Antoine Valade a même été à l’origine d’un sketch où un policier, dans un effort désespéré de se glisser parmi les adolescents, tente de parler leur langue, mais finit par se ridiculiser. Ce type de contenu renforce le sentiment d’appartenance parmi les jeunes et leur capacité à tourner en dérision une situation qui pourrait autrement être perçue comme menaçante.

L’eurodéputé du Rassemblement National, Matthieu Valet, a même pris au sérieux cette phrase en l’interprétant comme un véritable reportage, allant jusqu’à accuser un journal de relayer des fake news avant de supprimer son tweet. Le slogan « Bismillah c’est les ténèbres » est devenu plus qu’une simple phrase ; il représente un moment de contestation et de créativité pour une jeunesse qui se sent incomprise et en colère.

Dans un contexte où les mobilisations lycéennes s’intensifient, cette phrase devient le symbole d’un rejet de l’autorité et d’une quête d’identité collective. Le fait que ces jeunes parviennent à utiliser l’humour pour faire face à des situations sérieuses témoigne de leur résilience et de leur capacité à se rassembler autour d’un message commun.

Alors que ces mobilisations continuent, il sera essentiel de suivre l’évolution de ce mouvement et la manière dont les jeunes exprimeront leurs revendications à travers des slogans, des chants et des actions. « Bismillah c’est les ténèbres » pourrait bien rester dans les annales comme une référence marquante d’une époque où les lycéens ont pris la parole.