À l’approche du samedi 24 octobre, qui marquera l’acte II des Gilets jaunes, les commerçants s’inquiètent d’éventuelles violences. Le 17 octobre, entre 2 000 et 3 000 boutiques avaient déjà subi des dégradations et des pillages.
EN BREF
- Le Premier ministre promet un dispositif policier accru pour le 24 octobre.
- De nombreux commerçants envisagent de fermer leurs boutiques ou de se barricader.
- Les grandes surfaces renforcent également leur sécurité face à la montée des violences.
La situation est tendue et les commerçants ne cachent pas leur angoisse. Pierre Bosche, président de la Confédération des commerces de France, résume la situation : « l’inquiétude est maximale ». Les événements récents ont laissé des traces, et beaucoup s’interrogent sur la meilleure stratégie à adopter : fermer, rester ouvert ou se barricader.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé un dispositif policier « massif » pour protéger les commerces, une promesse qui, pour certains, ne semble pas suffisante. Après les pillages du 17 octobre, où 3 000 établissements ont été touchés, la méfiance règne. Beaucoup de commerçants optent pour la fermeture préventive. « Entre le risque de perdre ma boutique et celui de perdre une journée d’affaires, le choix est vite fait », confie un commerçant, visiblement abattu par la situation.
Pour ceux qui choisissent de rester ouverts, des mesures de sécurité sont mises en place. À Lille, Ethan Leclerc, responsable d’un magasin de déstockage, a prévu des barricades en bois pour protéger son établissement. « Si ça commence à s’agiter, on fermera plus tôt », ajoute-t-il, conscient des tensions palpables dans le quartier.
À Paris, la majorité des magasins, notamment autour du forum des Halles, affichent portes closes et vitrines obstruées. Emmanuelle, gérante d’une boutique, témoigne : « Évidemment, on va mettre des planches de bois pour protéger, mais c’est tout ». Dans d’autres villes comme Nantes, certains refusent de céder à la peur. Thomas Augier, gérant d’un atelier de vélo dévalisé, déclare avec détermination : « Nous ne baisserons pas les bras ».
La réponse du gouvernement aux préoccupations des commerçants se traduit par des promesses d’aide, notamment un étalement des charges et des options de chômage partiel. Toutefois, ces mesures semblent insuffisantes à apaiser les craintes. À Bordeaux, une réunion a eu lieu pour discuter des dégradations et préparer la mobilisation du 24 octobre.
Les grandes surfaces, comme Carrefour, ne sont pas en reste. La direction a annoncé un renforcement de la sécurité dans plusieurs de ses 6 000 magasins, une réponse nécessaire face à la dégradation de la situation sociale et à ses effets sur la consommation.
Franck Delvau, président de l’antenne Paris Île-de-France de l’Umih, a appelé le gouvernement à garantir la sécurité des commerçants. « On ne peut pas se permettre de revivre un deuxième 17 octobre », insiste-t-il. En effet, la mémoire des récents événements reste vive dans les esprits.
Dans ce climat d’incertitude, l’avenir des petits commerçants dépend de la capacité des autorités à sécuriser les zones les plus touchées. Quelles que soient les décisions prises, l’ombre des violences du 17 octobre plane toujours, et la peur d’une répétition reste omniprésente.
Les commerçants se battent pour leur survie, espérant que la mobilisation des forces de l’ordre sera à la hauteur des enjeux. Ce samedi pourrait bien être un tournant décisif pour eux, entre résilience et précautions face à l’inconnu.