Corinne Masiero, actrice emblématique de la télévision française, se distingue par son franc-parler et son engagement pour des causes sociétales, notamment la lutte contre l’inceste. À l’approche de la diffusion d’un nouvel épisode de sa série Capitaine Marleau sur France 2, elle revient sur un traumatisme d’enfance longtemps refoulé : les abus dont elle a été victime à l’âge de 8 ans. À travers ses mots, elle souhaite briser le tabou qui entoure ce phénomène.
EN BREF
- Corinne Masiero révèle avoir été victime d’inceste à 8 ans, un traumatisme longtemps caché.
- Elle souligne l’importance de briser le silence autour des violences sexuelles.
- Actuellement, elle participe à des projets documentaires pour sensibiliser le public.
Ce vendredi 26 juin, France 2 diffusera La der des der, un épisode inédit de Capitaine Marleau. Dans ce nouvel opus, l’intrigue se déroule lors d’une reconstitution historique où un duel tourne mal, entraînant des révélations inattendues sur le passé des protagonistes. Cependant, au-delà de l’intrigue policière, Corinne Masiero porte en elle une histoire personnelle bien plus lourde.
En 2022, elle avait fait part de son vécu douloureux, révélant qu’elle avait été abusée par un cousin. Son témoignage a suscité une onde de choc dans l’opinion publique, non seulement en raison de sa notoriété, mais aussi par la force des mots qu’elle a choisis pour évoquer une réalité que tant de victimes vivent dans le silence.
Les chiffres sont alarmants. Selon la Commission indépendante sur l’inceste, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Ce constat accablant met en lumière un fléau qui transcende les histoires individuelles, touchant des familles entières.
Ce qui est frappant dans le témoignage de Corinne Masiero, c’est sa capacité à expliquer les mécanismes de l’oubli traumatique. Elle décrit comment le cerveau, dans un acte de protection, peut « verrouiller » des souvenirs trop violents, qui peuvent resurgir des décennies plus tard. « On peut vivre des trucs dégueulasses que le cerveau fait oublier, et qui réapparaissent parfois 20, 30 ans après », confie-t-elle, soulignant ainsi la complexité de la mémoire traumatique.
Masiero insiste sur l’importance de ne pas réduire l’inceste à une expérience personnelle. Pour elle, il s’agit d’un problème sociétal qui nécessite une prise de conscience collective. « Les violences sexuelles, conjugales, celles sur les enfants, ce ne sont pas des choses personnelles. Elles concernent toute la société », déclare-t-elle avec conviction.
Elle dénonce également la « culture du secret » qui persiste dans de nombreuses familles, où le silence est souvent privilégié au détriment de la vérité. Cette dynamique, selon elle, empêche les victimes de parler et de chercher justice. Chaque personne a son propre rythme pour affronter son passé, et il est essentiel de respecter ces parcours.
Outre ses prises de parole, Corinne Masiero s’engage activement dans des projets visant à mettre en lumière les violences faites aux femmes et aux enfants. Elle collabore actuellement à deux documentaires : le premier, Inceste, le dire et l’entendre, vise à donner la parole aux victimes, tandis que le second, Nous les femmes, l’art qui répare, explore le rôle de l’art dans la reconstruction après un traumatisme.
Ces projets témoignent d’une volonté de changement dans la société française, où la parole des victimes doit être libérée. Corinne Masiero mène ce combat avec la même détermination que son personnage de Marleau, mais cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une enquête fictive. Il s’agit de défendre une cause qui touche des milliers de vies et d’empêcher que d’autres victimes ne soient condamnées au silence.