La situation énergétique à Cuba a atteint un niveau critique, suscitant des tensions entre La Havane et Washington. Le gouvernement cubain a récemment accusé les États-Unis d’être responsables des difficultés du réseau électrique de l’île, alors même que Washington a renouvelé une offre d’aide conditionnelle de 100 millions de dollars.
EN BREF
- Cuba accuse les États-Unis de blocus énergétique responsable de la crise électrique.
- Une offre d’aide américaine de 100 millions de dollars a été conditionnée à son distribution par l’Église catholique.
- Des manifestations ont eu lieu à La Havane contre les longues coupures d’électricité.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a proposé cette aide lors d’une visite au Vatican, mais a affirmé que Cuba l’avait rejetée. Cette assertion a été démentie par les autorités cubaines, qui ont intensifié ces dernières semaines leurs critiques à l’encontre de Washington. Le 10 avril dernier, une réunion diplomatique de haut niveau a eu lieu entre les deux pays, marquant un point de contact malgré les tensions persistantes.
Début mai, le président cubain Miguel Diaz-Canel a dénoncé les déclarations de Marco Rubio, le qualifiant de menteur après que celui-ci ait suggéré que la crise énergétique de Cuba était uniquement due à une mauvaise gestion interne. Selon le gouvernement cubain, la situation actuelle est exacerbée par un embargo américain en place depuis plus de six décennies, renforcé récemment par une politique de pression maximale sous l’administration Trump.
La situation électrique est alarmante : plus de 65 % du territoire cubain a subi des coupures simultanées, et dans certains quartiers de La Havane, les coupures dépassent les 20 heures par jour. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a déclaré que l’île souffre d’une “persecution énergétique” orchestrée par les États-Unis. Cette crise a des conséquences dramatiques sur la vie quotidienne des Cubains, qui passent souvent plus de temps sans électricité qu’avec.
Le président cubain a affirmé que la crise énergétique actuelle est le résultat d’un « plan pervers » de Washington, visant à provoquer la souffrance du peuple cubain pour le retourner contre son gouvernement. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs quartiers de La Havane, où des habitants, armés de casseroles, ont exprimé leur mécontentement face aux coupures incessantes. “Mettez-nous la lumière !” ont scandé certains résidents, illustrant le désespoir croissant de la population.
Pour faire face à cette crise, Cuba a tenté de diversifier ses sources d’énergie. Actuellement, la production d’électricité dépend largement de centrales thermiques vieillissantes et de groupes électrogènes au diesel, dont l’approvisionnement est limité. Depuis janvier, un seul pétrolier russe a pu accoster à Cuba, apportant une quantité de brut insuffisante pour remédier durablement aux problèmes énergétiques de l’île.
Le contexte énergétique est d’autant plus préoccupant alors que les températures estivales augmentent, entraînant une hausse de la consommation d’électricité pour la climatisation. Face à cette situation, le gouvernement cubain a amorcé des projets d’installation de parcs solaires, avec le soutien de la Chine, dans une tentative de réduire sa dépendance au pétrole.
Malgré ces défis, le président Diaz-Canel a affirmé que Cuba reste « debout » et loin de la faillite, en réponse aux propos de Donald Trump qui a évoqué un futur dialogue entre les États-Unis et Cuba. En somme, les relations entre les deux pays restent tendues, mais la nécessité de trouver des solutions durables à la crise énergétique devient de plus en plus pressante.