Le Mali fait face à une nouvelle escalade de violence avec la mort de plus de 30 personnes lors de deux attaques revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Ces événements dramatiques se sont produits mercredi dans le centre du pays, où la junte au pouvoir est déjà affaiblie par des offensives de groupes jihadistes et de rebelles touaregs.
EN BREF
- Plus de 30 morts, dont de nombreux villageois, dans deux attaques simultanées.
- Le JNIM revendique les attaques, ciblant des miliciens progouvernementaux.
- Des destructions matérielles importantes signalées, avec des villages pillés et incendiés.
Selon des responsables locaux, le bilan des attaques s’élève à plus de 35 morts, avec 25 victimes à Kori Kori et 10 à Gomossogou. Ce chiffre a été corroboré par des sources sécuritaires et administratives, tandis que Wamaps, un collectif de journalistes spécialisés, évoque un bilan provisoire de plus de 50 villageois tués, certains étant encore portés disparus.
Dans un communiqué, l’armée malienne a annoncé avoir mené une opération ciblée dans la région, affirmant avoir neutralisé une dizaine de terroristes. Cependant, les précisions sur cette opération demeurent floues.
Les attaques ont été revendiquées jeudi par le JNIM, qui a déclaré avoir agi en représailles contre des miliciens pro-gouvernementaux. Le gouverneur de la région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, a condamné ces actes, les qualifiant d’« ignobles et inhumains ». Il a précisé que les victimes incluaient majoritairement des miliciens, mais également des adolescents et des enfants.
Les violences récurrentes dans cette région du Mali sont également alimentées par la formation de groupes d’autodéfense, comme la milice Dan Nan Ambassagou. Composée majoritairement de chasseurs traditionnels dogons, cette milice a été dissoute par les autorités après avoir été accusée de massacres, notamment celui d’Ogossagou en mars 2019, où 160 personnes avaient trouvé la mort.
Les récentes attaques ont également entraîné d’importantes destructions dans les villages touchés. Des maisons ont été incendiées, et des biens matériels, y compris des réserves de nourriture, ont été détruits. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de violence persistante au Mali, où les jihadistes et les rebelles touaregs s’affrontent régulièrement.
Ce drame survient après une offensive coordonnée menée par le JNIM, qui a également fait des victimes parmi les forces de la junte, notamment la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, dans un attentat-suicide à Kati, une localité proche de la capitale Bamako.
Historiquement, le centre du Mali a été le théâtre de violences meurtrières. Les massacres d’Ogossagou en 2019 et d’autres attaques en 2020 et 2022 ont fait de cette région un épicentre de la crise sécuritaire. Les accusations de l’ONU concernant des exécutions massives par l’armée malienne et des mercenaires étrangers ne font qu’aggraver la situation.
La crise malienne, qui dure depuis 2012, est exacerbée par les violences des groupes jihadistes, mais également par les tensions communautaires et les actions des indépendantistes touaregs. Le JNIM a récemment appelé à un large « front commun » pour mettre un terme à la junte en place depuis 2020, à la suite de deux coups d’État successifs.
Ces événements tragiques soulignent l’urgence d’une réponse internationale coordonnée pour faire face à la dégradation de la situation sécuritaire au Mali, un pays où la paix semble encore loin.