Un ancien dentiste de 61 ans a été condamné ce jeudi à six années de prison ferme pour avoir pratiqué des interventions injustifiées, causant des mutilations à de nombreux patients en Lozère. Ce jugement, prononcé par le tribunal correctionnel de Mende, souligne non seulement la gravité des actes commis, mais aussi l’escroquerie massive à l’égard de la sécurité sociale.
EN BREF
- Un dentiste condamné à six ans de prison pour mutilations sur des patients.
- Pratiques médicales injustifiées ayant causé des préjudices physiques et moraux.
- Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive d’exercer.
Le président du tribunal, Yves Gallego, a déclaré : « Monsieur José Pereira Mendes, vous êtes reconnu coupable de tous les faits qui vous étaient reprochés. » En plus de la peine d’emprisonnement, le tribunal a interdit à cet homme de nationalité portugaise d’exercer la profession de dentiste ainsi que de séjourner en France. M. Pereira Mendes n’a pas réagi à l’annonce du jugement et a été escorté hors du tribunal par la police.
Le jugement fait suite à un procès où M. Pereira Mendes, qui a exercé entre 2018 et début 2021 dans la région de Mende, a été accusé de « violences suivies de mutilation ou infirmité permanente », « escroquerie au préjudice d’un organisme de protection sociale », « abus de confiance » et « blanchiment ». Le procureur, Valéry Morron, avait requis sept années de prison, soulignant que l’ancien dentiste avait exploité son statut pour obtenir des remboursements indus en mutilant ses patients.
Les témoignages des victimes ont révélé des pratiques alarmantes, où des dents saines étaient arrachées sans justification médicale, entraînant des séquelles durables. « Il a mortifié la dentition de dizaines de patients en si peu de temps, il leur a enlevé leur dignité », a affirmé le procureur. Des anciens patients ont décrit des interventions douloureuses, parfois au nombre de quatorze dents extraites en une seule séance.
Le procès a également mis en lumière des conséquences graves sur la vie quotidienne des victimes. Daniela, 34 ans, a partagé son désespoir, expliquant qu’elle se voyait obligée de préparer des repas en purée pour son mari de 41 ans. Anabela, 47 ans, a déclaré : « Je suis morte depuis six ans. Je suis allée le voir pour un abcès, il m’a arraché toutes mes dents. » Ces témoignages poignants illustrent l’ampleur des mutilations infligées par M. Pereira Mendes.
Les avocats des victimes ont exprimé leur indignation. Catherine Szwarc, représentant une quarantaine de parties civiles, a souligné l’absence de remords de la part de l’ancien dentiste. « Arracher, implanter, facturer ! Voilà son crédo », a-t-elle déclaré. D’autres avocats ont déploré la destruction de vies causée par les actes de M. Pereira Mendes, mettant en avant le discrédit jeté sur la profession dentaire dans son ensemble.
Le procureur a qualifié cette affaire de « hors norme », rappelant des précédents similaires, notamment celui des dentistes marseillais condamnés pour avoir mutilé près de 400 patients. Le tribunal a renvoyé la question des intérêts civils à une audience ultérieure, fixée au 7 décembre, tout en ordonnant des provisions à verser à plusieurs victimes.
La douleur et la souffrance engendrées par les actes de M. Pereira Mendes soulèvent des questions fondamentales sur la confiance accordée aux professionnels de santé et l’importance des contrôles dans le secteur. La lutte contre de telles pratiques est essentielle pour préserver la dignité des patients et maintenir l’intégrité de la profession dentaire.