Le 7 mai 2026, l’aéroport de Melbourne a vu le retour d’une mère et de sa fille, toutes deux de nationalité australienne, qui ont été immédiatement arrêtées pour avoir détenu une esclave en Syrie. Ces femmes, Kawsar Ahmad, 53 ans, et sa fille Zeinab, 31 ans, se sont rendues en Syrie en 2014 pour rejoindre le groupe terroriste État islamique (EI) et sont accusées d’avoir commis des crimes contre l’humanité.
EN BREF
- Deux Australiennes inculpées pour esclavage en Syrie à leur retour à Melbourne.
- Une troisième femme arrêtée à Sydney pour avoir rejoint l’EI.
- Le Premier ministre souligne l’importance de l’État de droit face à la barbarie du groupe EI.
Les arrestations de Kawsar Ahmad et de sa fille Zeinab interviennent après leur arrivée d’un camp de détention syrien où elles étaient bloquées depuis la chute de l’EI. La police fédérale australienne a précisé que Kawsar Ahmad serait complice de l’achat d’une esclave pour 10 000 dollars américains, tandis que sa fille a été accusée d’avoir sciemment détenu cette esclave chez elles.
Une autre femme, Janai Safar, a également été arrêtée à Sydney. Elle est accusée d’être entrée dans une zone restreinte et d’avoir rejoint une organisation terroriste. Cette mère de famille, qui a rejoint son mari, un combattant du groupe EI en 2015, a évoqué des conditions de vie épouvantables dans les camps de réfugiés, une situation confirmée par son avocat, Michael Ainsworth.
Le retour de ces femmes en Australie soulève des questions complexes. Alors que certains appelent à la clémence pour les enfants, victimes des choix de leurs parents, d’autres estiment que ces femmes ont trahi leur pays en choisissant de soutenir un groupe terroriste. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a réaffirmé son absence de sympathie pour les inculpées, tout en exprimant sa compassion pour les enfants impliqués.
Les réactions en Australie sont partagées. Les défenseurs des droits humains encouragent le gouvernement à faciliter le retour des autres Australiens bloqués dans des camps, tandis que d’autres condamnent les femmes pour leurs choix. Le président de la Commission australienne des droits humains a récemment plaidé pour le retour de 34 femmes et enfants australiens détenus depuis sept ans.
Ce dossier, souvent médiatisé sous le nom d' »épouses de l’EI », met en lumière les défis auxquels font face de nombreux pays, dont l’Australie, pour gérer le retour de leurs citoyens impliqués avec des groupes terroristes. Des centaines de femmes de pays occidentaux ont été attirées au Moyen-Orient dans les années 2010, souvent en suivant leurs maris jihadistes. Les gouvernements peinent encore à décider du sort de ces ressortissants, nombreux à se trouver dans des camps après la chute de l’EI.
En somme, cette affaire souligne la complexité du retour de ces femmes et des conséquences de leurs choix, tant pour elles-mêmes que pour leurs enfants. La société australienne se retrouve face à un dilemme moral et juridique, alors que le pays continue d’évaluer les implications de leurs actions passées.