La cyclorophine, un nouvel opioïde de synthèse, commence à faire des ravages aux États-Unis. Ce composé est décrit comme étant dix fois plus puissant que le fentanyl, et son usage s’est déjà soldé par des décès tragiques. Parmi les victimes figure un adolescent de 16 ans, dont le rapport d’autopsie a suscité une inquiétude croissante quant à la diffusion de cette substance, comme l’a rapporté le New York Times.
EN BREF
- La cyclorophine, un opioïde de synthèse, est dix fois plus puissant que le fentanyl.
- Elle a été liée à plus de 100 overdoses aux États-Unis, dont 25 décès.
- Identifiée pour la première fois en Europe en août 2024, elle est maintenant présente dans onze pays.
Selon un article publié en juillet 2026 par l’Institut national de la santé américain, la cyclorophine a été détectée dans le sang de 25 personnes décédées par overdose, dont 21 aux États-Unis et 4 au Canada. Ces cas, survenus majoritairement entre fin 2025 et début 2026, montrent que cette drogue est souvent associée à d’autres substances dangereuses comme le fentanyl et la méthamphétamine. Daniel Tsai, responsable de la santé publique à San Francisco, a déclaré que dans onze des cas, la cyclorophine était le seul opioïde présent.
Initialement développée en Belgique dans les années 1960, la cyclorophine n’a jamais été commercialisée en raison de ses effets secondaires graves, notamment des détresses respiratoires. Cependant, sa formule, rendue accessible par des publications universitaires, est désormais disponible en ligne. Cela permet à des individus sans infrastructure sophistiquée de produire cette drogue, selon Keith Humphreys, professeur de psychiatrie à Stanford et ancien conseiller antidrogue.
En mars 2026, la situation s’est aggravée, avec 24 États américains signalant plus d’une centaine d’overdoses ou de décès liés à la cyclorophine. Cette drogue, souvent mélangée à d’autres produits illicites, soulève des préoccupations majeures en matière de santé publique. En France, sa première détection a eu lieu en janvier 2026, révélée par des échantillons collectés par des services de réduction des risques à Paris.
Un rapport de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA), publié en juin 2026, a mis en lumière la première identification de la cyclorophine en Europe, survenue en août 2024 en Suède. Depuis, cette substance a été détectée dans onze pays de l’UE, ainsi qu’en Norvège, et a contribué à la mort de 17 personnes.
Bien que les quantités saisies restent relativement faibles, leur toxicité est alarmante. En effet, trois milligrammes de fentanyl suffisent à tuer un adulte, et les risques liés à la cyclorophine semblent similaires, voire supérieurs. Huit pays de l’UE ont rapporté 228 saisies de cette drogue, dont environ la moitié était mélangée à d’autres substances. Les pays baltes, notamment l’Estonie et la Lettonie, ont enregistré des saisies significatives, totalisant un peu plus de six kilos sous diverses formes, y compris liquide.
La cyclorophine représente une menace grandissante pour la santé publique, tant aux États-Unis qu’en Europe. Sa puissance et sa disponibilité en font un sujet de préoccupation pour les autorités sanitaires, qui doivent faire face à un défi croissant dans la lutte contre la crise des opioïdes.