La hausse des prix des carburants suscite une inquiétude croissante parmi les infirmières libérales qui se déplacent à domicile pour soigner leurs patients. Leurs représentants, réunis ce lundi 21 septembre, ont tiré la sonnette d’alarme sur la difficulté financière croissante à laquelle elles sont confrontées, en appelant à une revalorisation des indemnités de déplacement.
EN BREF
- Les infirmières libérales se déplacent à perte à cause de la hausse des carburants.
- Une indemnité de 2,75 euros, inchangée depuis janvier 2024, est jugée insuffisante.
- Des revendications pour une revalorisation et un accès prioritaire aux carburants sont formulées.
Le prix du gazole a atteint un nouveau record, s’établissant à 2,41 euros en moyenne en France. En parallèle, l’indemnité forfaitaire versée par l’Assurance maladie aux infirmières libérales, qui compense leurs déplacements, demeure limitée à 2,75 euros, un montant inchangé depuis plus de neuf mois. Cette situation est dénoncée par le syndicat Convergence infirmière, qui souligne que les infirmières se trouvent dans une situation financière précaire, où elles doivent souvent avancer des frais sans être correctement remboursées.
Pour illustrer ce déséquilibre, Convergence infirmière a fourni un exemple concret : pour une intervention d’injection intramusculaire à sept kilomètres de leur cabinet, une infirmière facture au total 7,25 euros, alors que le coût de son déplacement s’élève à 6,02 euros. Il ne lui reste alors que 1,23 euro pour une intervention qui lui prend environ 25 minutes. Ce calcul, selon le syndicat, montre que les infirmières ne gagnent pas plus de 3 euros de l’heure avant déductions fiscales et sociales.
Cette problématique n’est pas unique à une intervention spécifique. En effet, le même constat s’applique pour d’autres actes médicaux tels que les pansements, les perfusions ou les prises de sang. Les infirmières libérales, face à cette réalité, déclarent qu’il est insoutenable de continuer à exercer dans de telles conditions.
Dans les zones rurales, bien que les infirmières puissent facturer 0,35 euro par kilomètre, l’administration fiscale évalue le coût de revient à 0,43 euro, ce qui accentue encore leur perte. Cette situation met en lumière la nécessité de revoir les indemnités de déplacement, qui sont censées couvrir non seulement le carburant, mais également les dépenses liées à l’achat et à l’entretien de leur véhicule.
Par ailleurs, les infirmières soulignent que leur voiture est un outil de travail essentiel. Si elles ne peuvent plus se déplacer, les patients devront se tourner vers les hôpitaux, qui sont déjà débordés et manquent de places. Les représentants de la profession insistent sur le fait qu’ils ne demandent pas une aide, mais un remboursement des frais qu’ils avancent pour assurer les soins à domicile.
Pour faire face à cette crise, les organisations professionnelles réclament une augmentation significative de l’indemnité forfaitaire de déplacement. Pour le Cilec, il est question de porter cette indemnité à 3,50 euros, tandis que Convergence infirmière demande 4 euros pour les patients dépendants. De plus, elles réclament une indexation de ces indemnisations sur les prix réels des carburants, ainsi qu’un accès prioritaire à ces derniers en période de pénurie.
Des annonces gouvernementales concernant ces revendications sont attendues pour le mardi 22 septembre, suscitant une attente palpable au sein de la profession. Les infirmières libérales espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin d’améliorer leur situation.
Dans ce contexte où la santé des patients et la viabilité des soins à domicile sont en jeu, il est crucial que des solutions soient mises en place rapidement pour éviter un déclin des services offerts par ces professionnelles.