La flambée des prix des carburants impacte gravement le quotidien des infirmiers et infirmières libérales, qui se déplacent chaque jour pour soigner leurs patients à domicile. Lors d’une alerte lancée le 21 septembre, des représentants de la profession ont exprimé leurs préoccupations concernant leur capacité à continuer à exercer dans de telles conditions économiques.
EN BREF
- Les infirmiers libéraux font face à des déplacements à perte à cause des hausses des carburants.
- Des décisions difficiles sont prises, refusant des patients éloignés.
- Le gouvernement s’engage à proposer des mesures de soutien bientôt.
Marieke, infirmière libérale en Haute-Savoie, témoigne de sa réalité. Effectuant en moyenne 150 km par jour, elle a dû réduire son périmètre d’intervention. « J’ai des villages que je ne peux plus desservir. Quand une prise de sang à 6,58 euros nécessite 40 minutes de route, cela devient insoutenable », explique-t-elle. Ce constat alarmant s’applique à de nombreux professionnels de santé.
Fadela, infirmière libérale en Haute-Garonne, a également partagé son expérience lors d’une intervention sur RMC. « Je ne peux plus accepter de patients au-delà de 13-14 km de distance. La semaine dernière, j’ai dû refuser un patient en montagne qui avait besoin de soins urgents. Ce refus est devenu trop fréquent », déplore-t-elle. La hausse des prix du carburant, qui atteint en moyenne 2,41 euros le litre de gazole, rend leur activité de plus en plus précaire.
Les difficultés rencontrées par les infirmiers libéraux ne se limitent pas à des choix déchirants. Judicaël Feigueux, vice-président du syndicat Convergence Infirmière, souligne : « Plus le patient est éloigné, plus nous hésitons à le prendre en charge. Cela impacte notre éthique professionnelle. » Ce constat pose la question de l’avenir de l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
Un appel à la solidarité
Les infirmiers libéraux ne sont pas seuls dans cette crise. Les auxiliaires de vie ressentent également le poids des hausses des carburants. Laurence, auditrice sur RMC, raconte comment elle doit refuser des patients éloignés en raison de la montée des coûts de déplacement. « Nous avons des salaires au Smic et parfois des patients à plus de 15 kilomètres. Cela nous oblige à faire des choix impossibles », explique-t-elle. La précarité grandissante les pousse à envisager des solutions alternatives, souvent inaccessibles.
Les professionnels de santé attendent avec impatience les annonces prévues du gouvernement. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a promis que les infirmiers ne seraient pas abandonnés. « Nous proposerons des mesures ciblées et responsables », a-t-elle affirmé. Les soignants espèrent des solutions concrètes pour faire face à cette situation critique.
Alors que la santé des patients est en jeu, la profession appelle à une prise de conscience collective. Les liens tissés entre les soignants et leurs patients sont précieux et méritent d’être préservés. « C’est un métier que nous aimons, et nous avons besoin de soutien pour continuer à assurer ces soins essentiels », conclut Marieke.
Dans un contexte où les prix à la pompe augmentent, il est crucial de trouver des solutions durables pour garantir l’accès aux soins à domicile, surtout pour les personnes les plus fragiles.