La sédentarité représente un enjeu de santé majeur, affectant de nombreux Français. Toutefois, il n’est pas nécessaire de consacrer de longues heures au sport pour bénéficier d’effets positifs sur la santé. Des études récentes indiquent que de brèves périodes d’activité physique intense peuvent offrir une protection significative contre certaines maladies, dont le cancer.
EN BREF
- Des courtes séances d’activité intense peuvent réduire les risques de cancer.
- Des recherches montrent que quelques minutes d’efforts soutenus par jour suffisent.
- Ces efforts sont faciles à intégrer dans la vie quotidienne.
La peur de l’effort physique peut dissuader de nombreuses personnes, souvent en raison de l’idée reçue selon laquelle l’activité sportive nécessite un investissement temporel important. Cependant, des découvertes récentes remettent en question cette perception. Il apparaît que de simples moments d’activité physique intense, même très courts, peuvent substantiellement réduire le risque de maladies chroniques, y compris certains cancers et les affections cardiaques.
Historiquement, les recommandations en matière d’activité physique suggéraient des séances prolongées et structurées. Toutefois, de nouveaux travaux, qui ont examiné le comportement de 25 000 adultes équipés d’objets connectés, révèlent que l’approche du VILPA (Vigorous Intermittent Lifestyle Physical Activity) pourrait être tout aussi bénéfique. Quatre brèves périodes d’activité intense par jour d’une à deux minutes chacune pourraient entraîner une réduction du risque de mortalité liée au cancer ou aux maladies cardiovasculaires de près de 50 %.
Ce qui est particulièrement attrayant dans cette méthode, c’est sa simplicité. Contrairement aux programmes d’exercices rigoureux, ces moments d’effort peuvent facilement s’intégrer dans la routine quotidienne. Monter rapidement des escaliers, marcher d’un pas soutenu en portant des sacs ou réaliser des tâches ménagères avec énergie sont autant d’exemples d’activités qui peuvent être intégrées sans nécessiter de planification complexe.
Des études menées au Royaume-Uni corroborent que ces efforts improvisés améliorent non seulement le profil de mortalité global, mais réduisent également les risques de maladies cardiovasculaires et oncologiques. L’important est que ces gestes dynamiques s’inscrivent naturellement dans le fil de la journée d’une personne.
Sur le plan physiologique, il a été observé qu’après une activité physique, même brève, la concentration de molécules bioactives dans le sang, connues sous le nom d’exerkines, augmente. Ces molécules ont des effets positifs sur les cellules. Lorsque des cellules précancéreuses sont exposées à ce sérum modifié, on constate des améliorations notables : une meilleure capacité de réparation de l’ADN endommagé, une expression accrue de gènes de réparation essentiels tels que PNKP, un ralentissement de la multiplication cellulaire et une optimisation du métabolisme énergétique mitochondrial. Ces transformations microscopiques aident à expliquer la réduction du risque de cancer, en particulier du côlon, associée à ces efforts physiques courts mais réguliers.
Il semble donc que multiplier les séquences d’efforts courts et soutenus soit à la portée de tous et que leurs bénéfices sur la santé soient indéniables. Privilégier des activités comme la marche rapide, s’investir dans les tâches ménagères ou troquer l’ascenseur pour les escaliers sont autant de choix simples qui, cumulés, activent des mécanismes clés pour la santé. Bien que les séances d’exercice prolongées soient toujours valables, l’essentiel réside dans l’intégration de ces brefs instants d’activité dans la vie de tous les jours, afin de préserver son capital santé.