Ce samedi, Belgrade a été le théâtre d’une vaste mobilisation populaire. Des dizaines de milliers de citoyens, répondant à l’appel des étudiants, se sont réunis pour exiger la tenue d’élections anticipées, dans un contexte de mécontentement face à la corruption gouvernementale. Ce rassemblement est l’un des plus importants depuis plusieurs mois, se déroulant au cœur d’un mouvement qui n’a cessé de croître depuis un tragique accident survenu à la gare de Novi Sad, qui a coûté la vie à seize personnes.
EN BREF
- Des manifestations massives à Belgrade demandent des élections anticipées.
- Les étudiants, à l’origine du mouvement, espèrent raviver la mobilisation.
- Des heurts ont éclaté après la dispersion, aggravant les tensions.
Les manifestants, scandant des slogans tels que « Les étudiants gagnent », espèrent que cette mobilisation relancera le mouvement anti-corruption. Les manifestations en Serbie, qui ont commencé il y a 18 mois, ont souvent vu des pics de participation, comme le 15 mars 2025, où environ 300 000 personnes étaient présentes. Cette nouvelle mobilisation a été particulièrement significative après le dernier grand rassemblement, qui avait eu lieu le 1er novembre 2025, et avait rassemblé près de 100 000 personnes pour commémorer l’anniversaire de l’effondrement de l’auvent de la gare.
Le président Aleksandar Vucic, représentant du parti nationaliste SNS, a minimisé l’importance de ces manifestations, affirmant qu’il n’y aurait pas de changements significatifs dans la gestion de l’État. Sur Instagram, il a déclaré que « l’État fonctionne et continuera à faire son travail selon la Constitution et les lois ». Pendant ce temps, il se préparait à un voyage d’État en Chine, ce qui a été perçu comme un manque d’attention envers les préoccupations des citoyens.
Les tensions ont rapidement augmenté à la fin de la manifestation, lorsque des groupes de soutien au gouvernement ont provoqué des heurts avec les forces de l’ordre, qui ont dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Plusieurs personnes ont été arrêtées et la police a été déployée en force pour maintenir l’ordre autour des bâtiments gouvernementaux. Le procureur général a promis de poursuivre en justice ceux qui s’en sont pris aux policiers.
Les étudiants, qui jouent un rôle de leader dans ce mouvement, affirment que leur objectif est de montrer la force de leur mobilisation. Vuk Vucin, un étudiant de 22 ans, a déclaré : « Le propos de la manifestation d’aujourd’hui consiste simplement à nous compter ». D’autres manifestants, comme Andjela, une étudiante en architecture de 24 ans, ont souligné l’importance de cette présence collective pour faire entendre leur voix : « Nous sommes encore là, nous nous battons, et nous n’arrêterons pas ».
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de mécontentement face à la gestion des affaires publiques en Serbie. Le Conseil de l’Europe a récemment exprimé ses préoccupations concernant la violence policière lors des manifestations passées, signalant des abus et des traitements dégradants dont ont été victimes des manifestants pacifiques.
Les événements de ce samedi à Belgrade témoignent ainsi d’une dynamique de contestation persistante, avec des citoyens déterminés à faire entendre leurs revendications face à un gouvernement qu’ils jugent corrompu et déconnecté de leurs préoccupations. Alors que les tensions continuent de monter, l’avenir politique de la Serbie pourrait être profondément influencé par ces mouvements populaires.