Des économies envisagées sur les primes des agents de l’État en 2027

À l’approche de la présentation du budget 2027, l’Inspection générale des finances (IGF) met en lumière la question des primes versées aux agents de l’État. En effet, ces primes représentent une part croissante de la rémunération des fonctionnaires, atteignant plus de 25% en 2025, contre 20% il y a dix ans. Cette évolution soulève des interrogations sur l’efficacité de plusieurs dispositifs et ouvre la voie à de potentielles économies.

EN BREF

  • Les primes représentent plus de 25% des rémunérations en 2025.
  • Des économies de 486 millions d’euros sont envisagées sur certaines primes.
  • La réévaluation des dispositifs d’indemnisation est recommandée par l’IGF.

Dans un contexte de tensions budgétaires, les agents de l’IGF ont examiné de près les 543 dispositifs indemnitaires en place pour près de deux millions d’agents publics. Selon leur rapport, les primes ont été un moyen de compenser les effets de l’inflation, mais elles ont également écarté les revendications des syndicats concernant l’augmentation du point d’indice, resté gelé depuis trois ans. Les syndicats appellent à une mobilisation à la fin du mois de septembre, insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif.

Les chiffres sont révélateurs : entre 2015 et 2025, le volume des rémunérations indemnitaire a crû de plus de 60%, passant d’environ 12 milliards d’euros à 19,1 milliards d’euros. Cette hausse est particulièrement marquée dans certains ministères, avec des taux variant de 19% à l’Éducation nationale à 67% au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Une des principales sources d’économies pourrait résider dans une prime spécifique qui représente à elle seule 486 millions d’euros par an, bénéficiant principalement aux agents du Quai d’Orsay. Ces agents touchent en moyenne 77 000 euros bruts par an, ce qui soulève des interrogations quant à la justification de ces montants. L’IGF suggère une évaluation plus rigoureuse des conditions de travail et des charges à compenser pour éviter des allocations excessives.

En outre, l’indemnité instaurée durant la pandémie de Covid-19 pour compenser les surcoûts liés au télétravail, qui concerne actuellement 243 000 agents pour un coût de 30 millions d’euros, pourrait également être révisée. Les agents ont exprimé des préoccupations quant à la pertinence de maintenir cette indemnisation dans le nouveau contexte de travail hybride.

Parallèlement, le forfait mobilité durable, qui touche 231 000 agents de l’État, a été mis en place pour encourager les déplacements domicile-travail via des moyens de transport doux. Toutefois, l’IGF a constaté l’absence de données précises permettant d’évaluer l’efficacité de cette politique, appelant à un examen approfondi des résultats.

Le bilan d’une réforme mise en œuvre en 2014, le RIFSEEP (Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel), fait également l’objet d’une attention particulière. Bien qu’elle ait permis une réduction du nombre de primes, passant de 628 à 543, des lacunes subsistent, notamment en matière de transparence et d’équité entre les différents ministères.

En conclusion, l’IGF recommande de limiter le nombre de nouvelles primes et d’envisager la fusion de certains dispositifs. Au total, 185 primes concernent moins de 100 agents, tandis qu’une partie des primes en place datent de plus de 50 ans. Ce réexamen s’inscrit dans une volonté de rationaliser les dépenses publiques tout en préservant les droits des agents de l’État.