Ce mardi 28 avril 2026, l’association Que Choisir Ensemble, anciennement connue sous le nom d’UFC Que Choisir, a rendu public un constat alarmant concernant les hausses de tarifs des mutuelles. En dépit de la législation visant à geler ces augmentations, plus de 98 % des 4.000 personnes interrogées signalent une augmentation de leurs cotisations cette année.
EN BREF
- Plus de 98 % des assurés constatent des hausses de leurs mutuelles malgré le gel légal.
- Benjamin Recher dénonce l’inaction du gouvernement face aux mutuelles.
- La ministre de la Santé a saisi le Conseil d’État pour statuer sur la loi.
Cette situation a été mise en lumière par un appel à témoignages mené entre le 23 janvier et le 20 mars 2026. Les chiffres sont sans appel : la majorité des répondants ont fait état d’une augmentation de plus de 100 euros par an, certaines personnes seules rapportant des hausses allant jusqu’à 2.000 euros par an.
Benjamin Recher, chargé des relations institutionnelles à Que Choisir Ensemble, a exprimé son indignation sur les ondes de RMC. Il a déclaré :
« Elles ne respectent pas la loi sur la sécu qui a été votée l’année dernière, et elles l’assument d’ailleurs totalement. »
Selon lui, les mutuelles considèrent cette loi comme anticonstitutionnelle, ce qui les pousse à ignorer l’obligation de gel des tarifs pour 2026.
Recher a également critiqué le gouvernement pour son manque de réactivité face à cette situation.
« Le gouvernement a décidé de tergiverser et il ne met pas de véritable pression sur les complémentaires santé. »
Ce laxisme a entraîné un sentiment d’impunité parmi les mutuelles, qui ne se sentent plus contraints par la législation en vigueur.
Dans ce contexte, Que Choisir Ensemble invite les assurés à contester ces hausses. L’association a mis à disposition un questionnaire en ligne pour permettre aux victimes de ces augmentations de faire valoir leurs droits. Selon Recher, des régularisations ont été observées dans une petite minorité de cas, lorsque des réclamations ont été effectuées.
Les députés également s’engagent dans ce combat. Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne, a dénoncé ces augmentations comme étant « illégales », appelant à une stricte application de la loi. Il a déclaré :
« Ces augmentations des dernières années ne sont plus tenables. »
Guedj a insisté sur le fait que ces hausses sont injustes et varient en fonction de l’âge et de la situation des assurés.
Face à cette crise, la ministre de la Santé a pris l’initiative de saisir le Conseil d’État afin de trancher sur la validité de l’article de loi en question. La décision est attendue dans les prochaines semaines et pourrait apporter un soulagement aux mutuelles, qui jugent le gel tarifaire inapplicable et contraire à la Constitution.
Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre les assurances santé et les législations en place. En attendant la décision du Conseil d’État, les assurés continuent de faire face à des augmentations qu’ils jugent injustifiées, tandis que les organismes complémentaires maintiennent leur position, défiant ainsi une loi qu’ils considèrent comme inapplicable.