Ce vendredi 17 juillet, des milliers d’Ukrainiens se sont rassemblés à Kiev pour manifester leur mécontentement suite au limogeage de Mykhaïlo Fedorov, le ministre de la Défense, par le président Volodymyr Zelensky. Cette éviction s’inscrit dans le cadre d’un remaniement gouvernemental qui suscite des divisions au sein de la population et des forces armées.
EN BREF
- Des milliers de manifestants à Kiev dénoncent le limogeage de Mykhaïlo Fedorov.
- Cette décision surprise intervient moins d’un an après un précédent remaniement.
- Le nouveau ministre de la Défense est Ievguen Khmara, un responsable peu connu.
Pour la deuxième soirée consécutive, les manifestants ont brandi des drapeaux ukrainiens et des pancartes exprimant leur soutien à Fedorov. Les slogans tels que « Rendez Fedorov ! » et « Respectez et considérez le peuple » ont résonné dans les rues de la capitale. L’ambiance était électrique, ponctuée par des appels à l’unité et à la transparence dans les décisions gouvernementales.
Ce remaniement, qui intervient à peine six mois après l’arrivée de Fedorov au poste de ministre de la Défense, a été qualifié de « totalement inattendu » par Inna Sovsoun, une députée d’opposition. Les Ukrainiens s’interrogent sur les motivations du président Zelensky, qui n’a pas fourni d’explications détaillées sur ce changement. Il a simplement évoqué la nécessité de préparer le pays pour l’hiver à venir, face à la menace de bombardements russes.
Un contexte militaire délicat
Volodymyr Zelensky a nommé Serguiï Koretsky au poste de Premier ministre, soulignant ses compétences en gestion des ressources, particulièrement en période de crise. Cette décision soulève des interrogations, notamment parce que l’armée ukrainienne semble avoir réussi à stopper l’avancée russe sur le front. La décision de limoger Fedorov est d’autant plus déroutante que l’armée a intensifié ses opérations sur le territoire russe ces dernières semaines.
Les conséquences de cette éviction ne se sont pas fait attendre. De nombreux militaires ont exprimé leur désaccord avec cette décision. L’ancien ministre de la Défense a même accusé le commandant en chef des armées, Oleksandre Syrsky, d’avoir influencé le président Zelensky pour le pousser à choisir entre lui et Fedorov. Cette tension entre les deux hommes s’explique par des divergences de vision : Fedorov prônait une modernisation de l’armée, tandis que Syrsky favorisait une approche plus traditionnelle.
Réactions au sein des forces armées
Pour manifester leur soutien à Fedorov, le chef des forces interarmées, Mykhaïlo Drapaty, a pris position en faveur de la poursuite des réformes initiées par l’ex-ministre. De plus, un commandant adjoint de l’armée de l’air a présenté sa démission en signe de solidarité. D’autres commandants ont également exprimé leur gratitude envers Fedorov tout en soutenant Syrsky, illustrant ainsi la fracture au sein des hautes sphères militaires.
Jeudi soir, plus de mille personnes avaient déjà manifesté à Kiev et dans d’autres villes pour réclamer le retour de Fedorov. Actuellement, la fonction de ministre de la Défense est assurée par intérim par Ievguen Khmara, un responsable des services de sécurité ukrainiens (SBU) qui reste largement inconnu. Le Parlement doit encore examiner ces changements, mais aucune séance n’est pour l’instant programmée, laissant planer une incertitude sur l’avenir politique de cette situation.
Alors que les manifestations continuent de croître, les Ukrainiens attendent des réponses claires et une véritable transparence de la part de leur gouvernement. L’unité et la stabilité de l’Ukraine, particulièrement en période de conflit, sont plus que jamais mises à l’épreuve.