Une onde de choc s’est répandue à Alès, où une lettre menaçante, accompagnée de deux balles de calibre 9 mm, a été découverte au domicile du maire Christophe Rivenq (Les Républicains) le jeudi 16 juillet. Selon Abdelkrim Grini, le procureur de la République d’Alès, ce courrier était signé par le groupe criminel dénommé « DZNG ».
EN BREF
- Une lettre menaçante a été envoyée au maire d’Alès, contenant des balles.
- La DZNG est un groupe issu de la DZ Mafia, en proie à une guerre interne.
- La situation suscite des craintes de violences accrues dans la région.
Ce développement alarmant a conduit à un déploiement renforcé de la compagnie de CRS 84 dans la ville du Gard. L’impact de la DZNG, qui fait référence à la DZ Mafia Nouvelle Génération, soulève des préoccupations majeures. Ce groupe est né d’une scission au sein de la DZ Mafia, une organisation ayant longtemps dominé le trafic de drogue à Marseille. Cette division, observée depuis le début de l’année 2026, est le résultat de tensions internes exacerbées.
Les tensions entre Kamel M., un cadre influent de la DZ Mafia, et Mehdi L., surnommé « le Tic », fondateur de l’organisation, sont à l’origine de cette scission. Kamel M. accuse Mehdi L. de s’être allié avec Walid B., dit « le Fondu », un ancien partenaire du clan rival Yoda, qui avait été défait par la DZ Mafia en 2023. Cette alliance a provoqué une onde de choc au sein du clan, entraînant une série d’épisodes violents dans la région.
Des incidents notables incluent la découverte d’un adolescent agressé à Marseille, où la signature « DZNG » avait été retrouvée à proximité. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, des menaces explicites étaient proférées à l’encontre de ceux qui collaboraient avec Mehdi L. et Walid B., signalant un climat de peur et d’intimidation.
Les forces de l’ordre de Marseille prennent très au sérieux la menace que représente la DZNG. Les violences se sont intensifiées ces derniers mois, avec un retour des tirs dans plusieurs cités de la ville, alimentant les craintes d’une escalade des conflits entre les différents groupes criminels.
Un contexte de tensions criminelles
La scission au sein de la DZ Mafia est également exacerbée par l’incarcération de plusieurs de ses membres dans des établissements pénitentiaires spécialisés, créés pour lutter contre le narcotrafic. Mehdi L. est emprisonné depuis 2021, tandis que d’autres figures importantes ont pris la fuite à l’étranger, comme Kamel M., dont la police pense qu’il se cache en Algérie. Ce contexte rend la gestion des affaires criminelles de plus en plus complexe pour la DZNG.
Les autorités redoutent un retour à une violence comparable à celle observée lors des affrontements entre le clan Yoda et la DZ Mafia en 2023, un conflit qui avait fait plus de cinquante victimes. Philippe Frizon, chef du Service interdépartemental de la police judiciaire des Bouches-du-Rhône, souligne les incertitudes entourant la nature de la DZNG : s’agit-il d’une contestation interne à la DZ Mafia, ou d’un nouveau groupe cherchant à s’imposer ? Les réponses à ces questions demeurent floues.
Une menace qui s’étend au-delà de Marseille
La lettre de menaces adressée au maire d’Alès met en lumière l’influence croissante de ce nouveau groupe criminel au-delà de Marseille. La DZ Mafia avait déjà tenté d’étendre son influence dans la ville d’Alès, qui compte environ 46 000 habitants, depuis l’été 2025. Cette situation pose de nouvelles questions sur la sécurité publique et la capacité des forces de l’ordre à maîtriser une menace qui se diversifie.
Une enquête pour menaces de mort et intimidation a été ouverte, confiée au commissariat d’Alès ainsi qu’à la direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance spécialisée (DCOS) du Gard. Cette affaire met en lumière les défis croissants auxquels font face les autorités dans leur lutte contre la criminalité organisée, alors que la DZNG semble déterminée à affirmer son pouvoir.
La situation à Alès témoigne d’un phénomène plus large, où des groupes criminels tentent de s’imposer dans des territoires historiques de rivalité. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre l’évolution de la DZNG et ses intentions, alors que les acteurs de la sécurité publique s’inquiètent de l’ampleur que pourrait prendre cette dynamique violente.