Le 30 janvier 2026, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a souligné l’importance d’un dialogue avec l’Algérie, le qualifiant de « nécessité » pour améliorer les relations entre les deux pays. Ce discours a été prononcé sur France Inter, et fait suite à une période de tensions diplomatiques qui a duré près de deux ans.
EN BREF
- Stéphane Romatet appelle à un respect mutuel dans les relations franco-algériennes.
- Le dialogue est présenté comme essentiel, malgré les critiques politiques en France.
- Un rapprochement a été amorcé après une profonde crise diplomatique.
Lors de son intervention, M. Romatet a affirmé que discuter avec l’Algérie ne représente pas une faiblesse, mais une nécessité stratégique. Il a évoqué la complexité de cette relation, tout en insistant sur le fait qu’un dialogue est indispensable pour avancer. « On sait que c’est difficile, on sait que c’est exigeant, mais ce n’est pas abdiquer », a-t-il déclaré.
Le retour de l’ambassadeur à Alger, survenu le 8 mai 2025, fait suite à son rappel par le président Emmanuel Macron. Ce rappel avait été décidé après une série de tensions, notamment liées à la question du Sahara occidental, où la France avait soutenu un plan d’autonomie sous « souveraineté marocaine ». Cette position avait provoqué une réaction immédiate d’Alger, qui avait rappelé son ambassadeur en France.
M. Romatet a également abordé la situation de Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné en Algérie depuis près d’un an. En parlant de ce cas, il a souligné que « si on stigmatise, si on jette l’anathème sur ce pays, on n’y arrivera pas ». L’ambassadeur a plaidé pour le rétablissement de bonnes relations afin d’accélérer le retour de Gleizes en France.
Le journaliste, arrêté en mai 2024 lors d’un reportage en Kabylie, a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » en décembre. Cette affaire complexe illustre les défis auxquels sont confrontées les relations franco-algériennes, marquées par des divergences d’intérêts et des accusations mutuelles.
En parallèle, l’ambassadeur a vivement critiqué des propos tenus par le quotidien El Watan à l’égard du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Les articles de presse évoquaient une « vassalisation » de la France à Rabat, tout en attaquant personnellement le ministre. « De part et d’autre, il faut faire preuve de respect », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance d’un dialogue constructif.
La période de tension qui a débuté à l’été 2024 a été marquée par d’autres événements, dont l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié en novembre 2025. En avril 2025, un agent consulaire algérien avait été mis en examen pour son implication présumée dans l’enlèvement d’un influenceur algérien en France, ce qui avait conduit à l’expulsion de diplomates des deux pays.
Malgré ces tensions, un dégel semble se dessiner depuis février 2026. Trois ministres français ont effectué des visites à Alger, et d’autres rencontres entre responsables algériens et français sont prévues dans les semaines à venir. M. Romatet a exprimé son espoir pour un avenir plus serein, visant à renforcer les liens entre les deux nations.
Ce contexte souligne l’importance d’un dialogue respectueux et constructif, alors que la France et l’Algérie cherchent à surmonter les obstacles qui ont entravé leurs relations. La nécessité de maintenir un respect mutuel apparaît comme un élément clé pour avancer dans ce rapprochement.