Donald Trump juge inacceptable la réponse iranienne sur le nucléaire

Les tensions entre Washington et Téhéran ont pris une nouvelle dimension cette semaine, alors que l’Iran a fait parvenir sa réponse à la dernière proposition américaine visant à mettre fin au conflit. Dans la nuit de dimanche à lundi, le président américain Donald Trump a réagi vivement, qualifiant cette réponse de « totalement inacceptable » sur son réseau social Truth Social. Cette déclaration marque un nouveau tournant dans les relations déjà tendues entre les deux pays.

EN BREF

  • Donald Trump rejette la réponse iranienne à la proposition américaine sur le nucléaire.
  • L’Iran demande la levée des sanctions et un prolongement de la trêve.
  • Les désaccords persistent sur les stocks d’uranium enrichi et les installations nucléaires.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait déjà accusé l’Iran de « jouer avec les États-Unis et le reste du monde depuis 47 ans », ajoutant que Téhéran « ne rirait plus désormais ». Cette réaction fait suite à des efforts de médiation menés par le Pakistan pour favoriser des échanges indirects entre les deux nations. La contre-proposition iranienne a été transmise à Washington par cet intermédiaire, dans le contexte d’un cessez-le-feu annoncé début avril.

Selon le Wall Street Journal, les discussions se basaient sur un mémorandum américain d’une page, structuré autour de 14 points clés. Washington proposait notamment une réouverture du détroit d’Ormuz, tout en établissant un cadre pour les discussions sur le programme nucléaire iranien. Les États-Unis réclamaient un moratoire pouvant aller jusqu’à 20 ans sur l’enrichissement d’uranium, le transfert à l’étranger du stock d’uranium hautement enrichi, ainsi que le démantèlement des installations nucléaires iraniennes.

De son côté, Téhéran aurait souhaité un accord provisoire permettant de prolonger la trêve de 30 jours, tout en levant les blocus autour du détroit d’Ormuz. Selon l’agence iranienne Tasnim, l’Iran insiste également sur la levée des sanctions américaines, un arrêt immédiat des hostilités et des garanties contre toute nouvelle attaque.

Esmaeil Baqaei, porte-parole de la diplomatie iranienne, a souligné que la priorité actuelle de Téhéran est de se concentrer sur la fin de la guerre, affirmant que cette question préoccupe l’ensemble de la région et la communauté internationale. Néanmoins, des désaccords importants persistent, notamment concernant le stock d’uranium enrichi, qui demeure un point de friction majeur.

L’Iran accepterait un moratoire plus court sur l’enrichissement nucléaire et proposerait d’exporter une partie de son uranium enrichi, tout en refusant le démantèlement de ses installations. Environ 440 kg de matière nucléaire sont actuellement en discussion, selon les inspecteurs internationaux, qui estiment que ces stocks sont profondément enfouis sur des sites iraniens.

Israël, quant à lui, refuse de considérer le conflit comme résolu tant que la question de l’uranium enrichi ne sera pas réglée. Dans un extrait diffusé par CBS, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré : « Ce n’est pas fini. Il reste encore du matériel nucléaire, de l’uranium enrichi, qui doit être sorti d’Iran ». Il a également averti que la guerre se poursuivra tant que l’Iran conservera son stock d’uranium hautement enrichi.

Dans ce contexte, le chemin vers un accord durable semble semé d’embûches, et les tensions entre les deux nations devraient perdurer tant que les positions de part et d’autre demeurent aussi éloignées.