À l’approche des primaires républicaines prévues début mai, l’influence de Donald Trump sur son parti est de plus en plus remise en question. Plusieurs candidats bien établis se retrouvent confrontés à des challengers soutenus par l’ancien président. Les premiers résultats laissent entrevoir un affaiblissement de son emprise sur le parti, alors même que sa popularité semble en déclin.
EN BREF
- Les primaires républicaines de mai mettent à l’épreuve l’influence de Trump.
- Des candidats soutenus par Trump affrontent des républicains établis.
- Les sondages indiquent une possible diminution de son emprise sur le parti.
Les républicains en fonction, comme Thomas Massie dans le Kentucky et Bill Cassidy en Louisiane, ont récemment été critiqués par Trump pour des décisions qu’il qualifie de « fautes ». Massie, par exemple, a collaboré avec les démocrates pour publier des documents concernant Jeffrey Epstein, tandis que Cassidy a voté pour condamner Trump lors de son procès en destitution en 2021. Malgré ces tensions, aucun de ces candidats ne mène une campagne explicitement anti-Trump, cherchant plutôt à minimiser leurs désaccords avec lui.
Thomas Massie, s’adressant au HuffPost, a affirmé : « Il y a des gens qui soutiennent Trump et qui voteront pour moi, parce qu’ils apprécient franchement nos deux rôles… On peut avoir une opinion favorable de Trump tout en pensant qu’il peut se tromper 10 % du temps. » Ces observations soulignent un équilibre délicat que ces candidats tentent de maintenir pour attirer à la fois les partisans de Trump et les électeurs modérés.
Un stratège républicain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a reconnu que l’influence de Trump était en déclin, même s’il demeure une figure centrale du parti. « Bien sûr, vous voulez l’investiture du président, mais à ce stade, vous pourriez la vouloir autant pour l’argent qui l’accompagne que pour le soutien en lui-même », a-t-il déclaré. Jesse Hunt, un autre stratège, a ajouté que le temps de Trump pour mobiliser les électeurs est de plus en plus limité, ce qui complique son impact sur ces élections secondaires.
La Maison-Blanche n’a pas commenté la situation actuelle, mais un allié de Trump a laissé entendre qu’il pourrait se rendre dans des États clés comme le Kentucky et la Louisiane avant les élections pour soutenir ses candidats. Dans le Kentucky, les sondages montrent que Massie est légèrement en tête face à Ed Gallerin, un ancien Navy Seal soutenu financièrement par des groupes favorables à Trump.
En Indiana, Trump cherche à se venger de huit sénateurs ayant défié ses demandes de redécoupage électoral. Il a choisi Blake Fiechter, un candidat novice, pour rivaliser avec Travis Holdman, un sénateur en quête de réélection. Après un retrait temporaire de la course, Fiechter a réintégré la compétition et s’est entouré d’autres candidats soutenus par Trump.
En Louisiane, Cassidy fait face à une primaire à trois contre la représentante Julia Letlow, soutenue par Trump, et l’ancien représentant John Fleming. Cassidy, après avoir diffusé des publicités vantant sa relation avec Trump, se concentre davantage sur les critiques de l’administration Biden dans ses dernières communications. « Je pense que je vais gagner », a-t-il affirmé, tout en minimisant l’importance du soutien de Trump dans l’élection.
Les sondages actuels ne sont pas en faveur de Cassidy, qui se retrouve en troisième position selon une récente enquête. Letlow et Fleming le devancent, soulignant que même sans le soutien explicite de Trump, la dynamique électorale pourrait ne pas refléter une diminution de son influence au sein du parti.
Les primaires à venir vont donc être un véritable test pour Trump et pour ceux qui se revendiquent de son héritage. Alors que la compétition s’intensifie, il sera intéressant d’observer comment ces candidats naviguent entre l’allégeance à Trump et les attentes de leurs électeurs vis-à-vis d’un leadership autonome.