La foire d’art contemporaine d’Art Dubaï, malgré un contexte délicat, a ouvert ses portes ce vendredi, un mois après la date initialement prévue. La guerre qui sévit dans la région a contraint les organisateurs à ajuster leurs plans, mais l’événement se tient avec un message fort de résilience.
EN BREF
- Art Dubaï s’ouvre malgré la guerre, avec un accès gratuit pour les visiteurs.
- La participation des galeries est réduite, passant de plus d’une centaine à 50.
- Les organisateurs veulent transmettre un message de solidarité et de résilience.
Pour cette vingtième édition, la foire d’art attire des visiteurs, mais dans un climat marqué par l’incertitude. Le galeriste libanais Saleh Barakat exprime sa volonté de participer, déclarant qu’il était crucial de montrer que « la vie continue ». Il souligne que, dans ces moments difficiles, les artistes trouvent refuge dans leur atelier, bien qu’il admette que la situation actuelle pourrait dissuader les acheteurs potentiels.
Le conflit, qui a débuté le 28 février en Iran, a compliqué l’organisation de l’événement. Benedetta Ghione, directrice de la foire, raconte que la décision de maintenir le salon a été difficile. « Nous étions à quelques semaines de l’événement et nous devions décider si nous devions avancer ou non », explique-t-elle.
Finalement, l’équipe a choisi de continuer, mais convaincre les galeries d’exposer et les collectionneurs de se rendre à Dubaï a été un défi de taille. Environ 50 galeries, principalement locales, ont fait le déplacement, un chiffre bien en deçà des 100 exposants habituellement présents.
Pour attirer un public, les organisateurs ont décidé de rendre l’accès à la foire gratuit. En temps normal, environ 10 000 billets sont vendus sur les trois jours de l’événement. À ce jour, 16 000 demandes d’enregistrement ont été reçues, ce qui témoigne d’un intérêt certain malgré les circonstances.
« Pour nous, le message est celui de la résilience », insiste Benedetta Ghione. La foire représente un symbole de la capacité à avancer malgré les adversités. Les Émirats arabes unis, en tant que cible des attaques, notamment par des tirs de drones et de missiles, ont vu leur réputation entachée. Dubaï, traditionnellement considérée comme un havre de paix et une destination privilégiée pour les expatriés, est sous pression.
Depuis l’annonce d’une trêve le 8 avril, la vie reprend lentement son cours. Toutefois, les tensions régionales demeurent, perturbant le transport aérien et maritime, ce qui freine la venue des visiteurs étrangers. Dans ce contexte d’incertitude, certains galeristes de renom, comme le Français Frank Elbaz, ont choisi de maintenir leur participation. Ce dernier développe un projet avec un musée en construction à Abou Dhabi et voit un potentiel de développement dans la région.
« Malgré la situation, on sent que ça bouillonne ici et que c’est un territoire d’avenir », conclut-il, mettant en avant le dynamisme artistique de Dubaï.