La menace d’une nouvelle épidémie d’Ebola plane sur l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda. Les autorités sanitaires de la région sont en alerte face à une possible propagation du virus dans une zone déjà instable. L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a annoncé la déclaration d’une épidémie dans la province de l’Ituri, le vendredi 20 octobre.
EN BREF
- Une épidémie d’Ebola a été déclarée en RDC, avec quatre décès confirmés.
- 246 cas suspects ont été recensés, dont 65 mortels.
- Des réunions d’urgence sont prévues pour renforcer la surveillance transfrontalière.
Selon l’Africa CDC, quatre décès ont été confirmés par des tests en laboratoire. Au total, 246 cas suspects ont été identifiés, dont 65 personnes sont décédées. La déclaration de l’épidémie a été faite lors d’une réunion à Addis-Abeba, où l’agence a souligné l’urgence de la situation. « Une épidémie de maladie à virus Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri », a-t-elle précisé.
De l’autre côté de la frontière, en Ouganda, les autorités sanitaires ont aussi confirmé la présence du virus, qui a déjà causé la mort d’au moins une personne. La propagation du virus est d’autant plus préoccupante que plusieurs cas ont été identifiés dans des zones densément peuplées, telles que Mongwalu et Rwampara, qui comptent chacune près de 150.000 habitants. Mongwalu se situe à environ 90 kilomètres de Bunia, la capitale de l’Ituri, tandis que Rwampara est voisine de cette agglomération.
Les résultats préliminaires des analyses d’échantillons à Kinshasa indiquent que le virus pourrait ne pas appartenir à la souche Zaïre, qui est celle pour laquelle des vaccins et traitements existent actuellement. « Le séquençage est en cours afin de mieux caractériser la souche », a ajouté l’Africa CDC, ce qui soulève des inquiétudes quant à la capacité de réponse face à cette flambée.
Les autorités sanitaires expriment une préoccupation face au « risque élevé de propagation supplémentaire » en raison du contexte urbain, des problèmes de sécurité dans la région et de la proximité avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Pour faire face à cette menace, une réunion d’urgence avec les autorités de ces deux pays et plusieurs partenaires internationaux a été prévue pour renforcer la surveillance transfrontalière et la lutte contre l’épidémie.
Cette flambée représente la 17e épidémie d’Ebola observée en RDC depuis l’identification du virus en 1976. La précédente épidémie, déclarée en août 2025, avait causé la mort d’au moins 34 personnes avant d’être considérée comme éradiquée en décembre de la même année. Malgré les avancées en matière de vaccins et de traitements, Ebola demeure une maladie souvent mortelle, avec un taux de létalité pouvant atteindre 90 % selon l’Organisation mondiale de la santé. En cinquante ans, la fièvre hémorragique a causé environ 15.000 décès en Afrique, et l’épidémie la plus meurtrière en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 cas recensés.
Face à cette situation, la vigilance et la coopération entre les pays de la région sont essentielles pour maîtriser la propagation de cette maladie redoutable.