La fonction de vice-président des États-Unis est souvent perçue comme ingrate. John Nance Garner, le premier vice-président de Franklin D. Roosevelt, la qualifiait de « no man’s land » entre les branches législative et exécutive. Cette perception semble se confirmer pour JD Vance, dont les récentes missions de politique étrangère ont été marquées par des revers significatifs.
EN BREF
- JD Vance a échoué dans ses missions diplomatiques en Hongrie et au Pakistan.
- Les résultats de ces missions compromettent le soutien de Trump à des mouvements populistes.
- Vance fait face à des critiques croissantes concernant son efficacité et son influence.
Au cours de la dernière semaine, Vance a été envoyé en Hongrie pour soutenir Viktor Orbán, un allié cher à l’administration Trump, alors qu’il fait face à des difficultés électorales. Parallèlement, Vance a dirigé une délégation américaine pour négocier avec l’Iran au Pakistan. Ces deux missions étaient cruciales pour l’administration, mais ont échoué de manière retentissante.
Au Pakistan, après moins de 24 heures de discussions, l’équipe de Vance a quitté la table sans accord, révélant l’incapacité des États-Unis à faire valoir leurs intérêts. En Hongrie, Orbán a été battu par une coalition d’opposition, ce qui représente un coup dur pour le modèle autoritaire que Trump espérait voir se répandre.
Ces événements sont d’autant plus préoccupants pour Trump, dont le second mandat est basé sur un modèle inspiré par Orbán. Pour la droite trumpiste, la Hongrie était un exemple à suivre, notamment en matière de contrôle des médias et de manipulation des règles électorales. La défaite d’Orbán pourrait donc compromettre les ambitions politiques de Trump à l’international.
La guerre en Iran ajoute une autre couche de complexité. Non seulement elle contredit la promesse de Trump de ne pas s’enliser dans des conflits étrangers, mais elle menace également l’économie américaine, avec une inflation en hausse due à la fermeture du détroit d’Ormuz. Les conséquences économiques de cette guerre pourraient s’avérer désastreuses pour le Parti républicain lors des élections de mi-mandat de 2026.
Un responsable de la Maison-Blanche a même rapporté que Trump commençait à se lasser de cette guerre, cherchant une issue plutôt qu’une escalade. Dans ce contexte, Vance se retrouve à porter le poids des négociations ratées, tout en annonçant que l’Iran avait « choisi de ne pas accepter nos conditions ». Cette déclaration a été perçue comme une preuve de l’échec des discussions américaines.
Les difficultés de Vance ne se limitent pas à la politique étrangère. Son silence face aux tensions entre Trump et le Vatican, après des critiques du pape Léon XIV concernant la guerre en Iran, a également suscité des interrogations sur son rôle. Le fait que le pape ait décliné une invitation à visiter les États-Unis à l’occasion du 250e anniversaire a été perçu comme un embarras supplémentaire pour le vice-président.
Les incursions de Vance dans la diplomatie internationale soulignent les défis auxquels il est confronté. Alors que la vice-présidence peut être un tremplin pour les ambitions politiques futures, les échecs récents de Vance pourraient entacher son image. Malgré son aspiration à devenir l’héritier du Parti républicain de Trump à l’horizon 2028, son parcours actuel semble semé d’embûches.
En somme, les dernières semaines montrent que JD Vance, malgré l’extension de ses responsabilités, se retrouve dans une position délicate. Il est confronté à un bilan désastreux de ses tentatives sur la scène internationale, ce qui soulève des questions sur l’avenir de sa carrière politique.