Verdict du procès DZ Mafia : cinq condamnés, un acquittement

Le procès très médiatisé de la DZ Mafia a pris fin ce mardi 14 avril, dans un climat de tension palpable. Amine Oualane, accusé d’être l’un des chefs du groupe criminel, a été acquitté par la cour spéciale d’assises des Bouches-du-Rhône. Ce verdict a suscité de vives réactions, notamment de la part des avocats des condamnés, qui dénoncent un procès influencé par des considérations politiques.

EN BREF

  • Amine Oualane acquitté, il conteste les accusations
  • Cinq autres accusés condamnés jusqu’à 25 ans de prison
  • Un verdict jugé influencé par la pression médiatique

Le procès, qui s’est étendu sur trois semaines, a vu les accusés jugés pour un double assassinat survenu en 2019 dans un hôtel Formule 1, en lien avec un trafic de stupéfiants. Les faits se sont déroulés avant la formation officielle de la DZ Mafia, un groupe criminel marseillais notoire. La tension était palpable dans la salle d’audience, où les accusés ont attendu le verdict entourés de forces de l’ordre.

Le verdict a été rendu avec plusieurs jours de retard, et a vu Gabriel Ory, considéré comme une figure clé de la DZ Mafia, condamné à une peine maximale de 25 ans de réclusion criminelle pour avoir contribué à la préparation des meurtres. Les commanditaires des assassinats, Karim Harrat et Walid Bara, ont également écopé de 25 ans de prison, bien que ce dernier soit jugé par contumace, étant en fuite.

Les exécuteurs du crime, Zaineddine Ahamada et Adrien Faure, ont été condamnés respectivement à 25 et 15 ans de réclusion criminelle. Ces peines sont significativement inférieures aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé des peines de réclusion à perpétuité pour trois des accusés. Ce décalage entre les réquisitions et le verdict a soulevé des interrogations sur l’équité du procès.

Les condamnés ont réagi avec une étonnante sérénité au verdict, affichant un calme apparent alors qu’ils étaient surveillés par une quinzaine de policiers armés. Amine Oualane, pour qui une peine de 18 ans avait été requise, a même esquissé un sourire à l’annonce de son acquittement.

À la sortie de la salle d’audience, Me Inès Médioune, l’avocate d’Oualane, s’est exprimée, qualifiant le verdict de « victoire de la justice ». En revanche, Me Christine d’Arrigo, l’avocate de Gabriel Ory, a dénoncé un verdict qu’elle considère comme « politique », affirmant que la pression médiatique avait influencé le jury.

Ce procès met en lumière les tensions sous-jacentes de la lutte contre le crime organisé à Marseille, une ville souvent marquée par des rivalités violentes. La question de l’influence politique dans les affaires judiciaires soulève des débats sur l’intégrité du système judiciaire, surtout dans des affaires aussi médiatisées que celle-ci. Alors que les condamnés prévoient de faire appel, l’affaire DZ Mafia continue de captiver l’attention du public et des médias.