Elie Semoun évoque les défis de la jeunesse et la banalisation de la violence

Ce mercredi 7 octobre, le sixième film de la série « Ducobu », intitulé « Ducobu et le fantôme de Saint-Potache », fait son apparition sur les écrans. Réalisé pour la quatrième fois par Elie Semoun, ce nouveau chapitre s’éloigne des salles de classe pour plonger dans une maison hantée, où l’on découvre un ancien cancre. Au micro de RMC, Elie Semoun partage ses réflexions sur la jeunesse, l’éducation et les enjeux sociétaux actuels.

EN BREF

  • Elie Semoun réalise son quatrième film « Ducobu » et change de décor.
  • Il aborde la banalisation de la violence chez les jeunes, liée aux réseaux sociaux.
  • Le cinéaste exprime sa foi en la jeunesse tout en critiquant certaines attitudes.

Lors d’une interview, Elie Semoun explique sa volonté de renouveler l’expérience de la franchise. « J’avais envie de changer, j’en avais marre de ne jouer que le rôle de Latouche, » confie-t-il. Ce changement de décor représente une opportunité pour le réalisateur d’explorer des thèmes plus larges liés à la jeunesse et à l’éducation.

Le tournage de ce nouvel opus a également été marqué par des défis techniques. Semoun a notamment dû s’adapter à l’utilisation de fonds verts, une expérience qu’il a qualifiée de frustrante. « Ça m’emmerde, » lâche-t-il, tout en reconnaissant l’importance de ces techniques modernes dans l’industrie cinématographique.

Au-delà des effets spéciaux, le film « Ducobu et le fantôme de Saint-Potache » se veut porteur d’une morale. À l’heure où des mouvements de colère émergent chez les lycéens, Elie Semoun affirme : « J’ai foi en la jeunesse. » Il s’oppose aux stéréotypes négatifs que l’on attribue souvent aux jeunes, soulignant que chaque génération traverse des turbulences.

Cependant, il s’inquiète de la banalisation de la violence dans la société actuelle, qu’il relie à l’influence des téléphones et des réseaux sociaux. « Quand on brûle un lycée, on va le filmer forcément, » déplore-t-il, tout en étant conscient de l’impact que cela peut avoir sur la perception des jeunes. Pour lui, la culture joue un rôle essentiel dans la formation des individus, et il est convaincu qu’un enfant bien éduqué ne se livrera pas à des actes de violence.

Elie Semoun n’hésite pas à critiquer les jeunes qui se plaignent des contraintes scolaires. « C’est un peu abusé non? » s’interroge-t-il, rappelant que l’éducation est un passage obligé. En tant que père, il se sent responsable de l’éducation de son enfant, qui grandira dans une société complexe. Malgré les défis, il ne se considère pas comme quelqu’un qui vit dans la peur ou l’angoisse.

Avec un regard optimiste, l’humoriste se projette dans l’avenir, déterminé à continuer à faire rire et à aborder des sujets sensibles. « On essaie de faire attention quand on est sur les réseaux sociaux, dans les médias, » confie-t-il, tout en affirmant son besoin de liberté d’expression, qu’il trouve sur scène.

Elie Semoun, à travers son film et ses réflexions, se positionne comme un observateur critique de la jeunesse actuelle, tout en gardant espoir en l’avenir. Ses mots, empreints de sagesse et d’humour, résonnent dans un contexte où la compréhension intergénérationnelle est plus que jamais nécessaire.