Ce jeudi 10 septembre, Élisabeth Badinter a fait une rare apparition publique à Cournonterral, près de Montpellier. La philosophe et féministe de 82 ans était présente pour l’inauguration d’un nouveau lycée polyvalent qui porte désormais son nom et celui de son défunt mari, Robert Badinter. Décédé le 9 février 2024, ce dernier reste une figure emblématique de la politique française, reconnue pour son rôle dans l’abolition de la peine de mort.
EN BREF
- Élisabeth Badinter a inauguré un lycée qui honore sa mémoire et celle de son mari.
- La cérémonie a été marquée par des hommages émus et des souvenirs partagés.
- Le couple Badinter a traversé près de six décennies de vie commune, marquées par un profond respect mutuel.
Lors de cet événement, Élisabeth Badinter a pris la parole devant une assemblée composée d’élus, d’enseignants et d’habitants, dans une atmosphère chargée d’émotion. La maire de Cournonterral, Édith Gutierrez, a salué la contribution du couple à la société, déclarant que « votre nom et celui de votre mari donnent une âme à ces murs ». Cette reconnaissance a visiblement touché Élisabeth Badinter, qui a exprimé sa gratitude pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé.
« J’ai reçu un accueil magnifique. Vous évoquez “l’honneur” de me voir. Mais c’est vous qui m’honorez », a-t-elle répondu avec une humilité touchante. Elle a ensuite fait référence à une phrase que Robert Badinter avait prononcée lors de l’attribution de son nom à un établissement scolaire : « Robert disait que, quand on donne son nom à un lycée, ça vaut toutes les légions d’honneur ! » Cette déclaration souligne l’importance de cet hommage, d’autant plus qu’il associe leurs deux prénoms.
Le lien entre Élisabeth et Robert Badinter est indéniable. Mariés depuis 1966, ils ont longtemps formé un tandem à la fois complice et discret, parents de trois enfants : Judith, Simon et Benjamin. Chacun d’eux a mené ses propres combats tout en soutenant les engagements de l’autre. Dans son ouvrage « Robert et Élisabeth Badinter : deux enfants de la République », l’auteur Alain Frèrejean a décrit leur relation comme celle de « deux esprits libres, inséparables mais dissociables ».
Élisabeth Badinter a souvent souligné le rôle protecteur que lui a conféré le nom de son mari. Elle a déclaré au Monde en 2016 : « Le nom de Robert me protège. C’est devenu un nom respectable. Si je ne m’appelais pas Badinter, j’aurais été encore plus attaquée. » Cette déclaration illustre la complexité de leur relation et l’impact de leurs carrières respectives sur leur vie personnelle.
Malgré leur notoriété, le couple a su préserver une certaine discrétion concernant leur vie intime, faisant de cette règle un principe fondamental. Aujourd’hui, Élisabeth Badinter choisit de mettre l’accent sur l’héritage de son mari plutôt que sur leur vie privée, une manière de continuer à faire vivre la mémoire de celui avec qui elle a partagé près de six décennies.
Cette inauguration a également été l’occasion de rappeler l’importance de l’engagement de Robert Badinter dans la lutte pour les droits de l’homme et l’abolition de la peine de mort, des combats qui continuent d’inspirer des générations. En rendant hommage à son époux, Élisabeth Badinter renforce non seulement la mémoire de celui qui a marqué l’histoire, mais également celle de leur amour, toujours vivant dans les cœurs de ceux qui les ont connus.