En 2024, près de 10 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté

Les nouvelles données publiées par l’Insee révèlent une situation préoccupante concernant la pauvreté en France. En effet, en 2024, près de 9,8 millions de personnes, soit 15,4% de la population, se trouvent sous le seuil de pauvreté, un chiffre alarmant qui représente une personne sur six. Cette étude, mise à jour le 17 juillet 2026, souligne la nécessité de s’interroger sur la définition même de la pauvreté et sur le revenu minimum à partir duquel une personne est considérée comme pauvre.

EN BREF

  • 9,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté en 2024.
  • Le seuil de pauvreté est fixé à 1 337 euros par mois pour une personne seule.
  • Les familles monoparentales et les demandeurs d’emploi sont les plus touchés.

L’Insee définit la pauvreté en se basant sur un seuil correspondant à 60% du niveau de vie médian. Pour 2024, ce niveau a connu une légère augmentation de 1,8% en euros constants, atteignant 2 228 euros par mois pour une personne seule et 4 011 euros pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans. Malgré cette hausse, une partie significative de la population continue de souffrir, notamment en raison de la stagnation des salaires et du poids croissant des charges fixes.

Il est essentiel de comprendre que le seuil de pauvreté en France n’est pas un chiffre statique. Il évolue chaque année en fonction des revenus médians de l’ensemble de la population. Pour 2024, une personne vivant seule est considérée comme pauvre si son niveau de vie est inférieur à 1 337 euros par mois. Ce chiffre représente le revenu disponible après impôts, auquel s’ajoutent les prestations sociales, et il est rapporté au nombre de membres du foyer.

De plus, l’Insee souligne que 50% des personnes en situation de pauvreté ont un niveau de vie inférieur à 1 074 euros par mois, ce qui représente 19,7% sous le seuil de pauvreté. En ce qui concerne les couples, le seuil de pauvreté se fixe à 2 005 euros pour un couple sans enfant, 2 406 euros pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans, et 2 807 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Chaque enfant supplémentaire de moins de 14 ans ajoute 401 euros, tandis que pour les enfants de 14 ans ou plus, le seuil est rehaussé à 669 euros.

Statistiquement, les familles monoparentales sont les plus touchées par ce phénomène. Les demandeurs d’emploi souffrent également de l’insuffisance de leurs revenus pour dépasser le seuil de pauvreté. À l’inverse, le taux de pauvreté parmi les retraités est en baisse, atteignant 10,4%, un niveau proche de celui des actifs. Il est impératif de noter que la pauvreté ne concerne pas uniquement les personnes sans emploi, mais également des actifs qui, en raison de l’enchaînement d’emplois précaires ou de temps partiel, se retrouvent en difficulté financière.

Le seuil de pauvreté établi par l’Insee sert avant tout d’indicateur statistique pour mesurer les inégalités de revenus et suivre leur évolution au fil des années. Il est crucial de rappeler qu’une personne peut être considérée comme pauvre tout en étant propriétaire de son logement ou en disposant d’un patrimoine. À l’inverse, un ménage dont les revenus dépassent légèrement le seuil peut rencontrer d’importantes difficultés financières dues à un loyer élevé ou à des charges importantes.

En somme, le seuil de pauvreté ne reflète pas l’ensemble des situations individuelles, mais demeure un repère fondamental utilisé en France et dans la plupart des pays de l’Union européenne pour comparer les niveaux de vie. Cette étude de l’Insee appelle à une réflexion approfondie sur la question de la pauvreté, qui reste un enjeu majeur de notre société.