François Ruffin dévoile un plan ambitieux contre le pantouflage et la corruption

Ce jeudi 2 juillet, François Ruffin, candidat à la présidentielle, a présenté une série de mesures visant à lutter contre le pantouflage et à séparer l’argent de l’État. Dans un contexte où la corruption est jugée « massive » au sein de l’État, Ruffin a souhaité mettre cette problématique au cœur de sa campagne.

EN BREF

  • François Ruffin propose une loi pour interdire le pantouflage des hauts fonctionnaires.
  • 528 cas de pantouflage identifiés en trois ans, selon le député.
  • Un appel à la création d’une Haute autorité pour la probité dans la vie publique.

Il y a seulement deux semaines, François Ruffin partageait la scène d’un débat sur la souveraineté avec Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur devenu conseiller pour le géant chinois Shein. Ce contexte a suscité chez Ruffin une indignation face à ce qu’il qualifie de « pantouflage », illustrant comment des responsables politiques peuvent utiliser leur influence pour servir des intérêts privés. Il a déclaré : « Bien sûr qu’au seul moyen de son téléphone portable, Monsieur Castaner était à même de ramollir des gens qui, à l’Assemblée, voudraient s’opposer à Shein. »

Lors de sa conférence de presse, François Ruffin a marqué l’événement d’un slogan audacieux : « Vous en avez marre de ces racailles ? On va vous en débarrasser ! » Il a ensuite détaillé ses propositions législatives, parmi lesquelles une mesure phare : l’interdiction des activités de lobbying ou de conseil pour les anciens responsables publics pendant une période de dix ans après leur départ. Cette initiative vise à enrayer ce qu’il considère comme une « colonisation de l’intérieur de l’État » par des intérêts privés.

Ruffin a également évoqué le concept de rétro-pantouflage, qui permet à des hauts fonctionnaires de revenir dans l’administration après avoir travaillé dans le secteur privé. Il a promis d’interdire cette pratique et de créer une Haute autorité dédiée à la probité, dotée des moyens nécessaires pour enquêter sur les abus.

« Aujourd’hui, la Haute autorité pour la Transparence de la vie publique (HATVP) n’a pas de moyens d’enquêter », a déploré Sophie Taillé-Polian, porte-parole de François Ruffin. Elle a également souligné que ce sujet, pourtant crucial, est souvent négligé par les adversaires politiques. « On est les seuls à en parler pour en faire un sujet politique majeur. »

Le programme de Ruffin inclut également des mesures symboliques, comme la fin des privilèges des anciens présidents et ministres. Il a rappelé que depuis son mandat, Nicolas Sarkozy a coûté environ 27 millions d’euros à l’État. En outre, une réforme a été proposée pour soumettre les décisions de privatisation du ministre de l’Économie à l’approbation de l’Assemblée nationale.

Sur le sujet des cabinets de conseil, Ruffin a annoncé sa volonté de mettre fin aux contrats avec des entreprises comme McKinsey, en insistant sur la nécessité de privilégier le savoir-faire public. « Il faut renouer avec la confiance dans nos institutions, aucune démocratie ne peut perdurer si le peuple se méfie de ses élus », a conclu Sophie Taillé-Polian.

Enfin, la porte-parole a évoqué l’importance de l’indépendance du parquet en proposant de supprimer le pouvoir de nomination des magistrats détenu par le gouvernement. « Cette réforme est prête, elle est souhaitée par tous, il ne manque que la volonté politique », a-t-elle affirmé.

Le plan de François Ruffin marque une volonté claire de placer la lutte contre la corruption au cœur du débat public, tout en appelant à une transformation radicale des pratiques au sein de l’État. Dans un climat où la confiance envers les institutions est mise à mal, sa campagne se veut un appel à la transparence et à l’intégrité.