Gérald Darmanin à Alger : vers un renforcement des liens judiciaires entre la France et l’Algérie

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, se rend ce lundi à Alger dans le cadre d’une visite express. L’objectif principal est de rétablir les relations judiciaires entre la France et l’Algérie, avec un accent particulier sur la lutte contre la « DZ mafia », le traitement des « biens mal acquis », ainsi que la situation du journaliste Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie.

EN BREF

  • Gérald Darmanin se rend à Alger pour renforcer les relations judiciaires.
  • La lutte contre la « DZ mafia » et les « biens mal acquis » sont au cœur des discussions.
  • La situation de Christophe Gleizes sera également abordée lors de la visite.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte de réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays. Après une première étape amorcée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et la récente visite de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, la présence de Darmanin à Alger marque une avancée significative dans le rapprochement franco-algérien.

Gérald Darmanin sera reçu par son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa. Le ministère de la Justice a précisé que cette visite vise à ouvrir un nouveau chapitre de la coopération judiciaire, qui avait été fortement ralentie. La justice française a émis une dizaine de demandes d’entraide concernant des membres de la « DZ mafia » susceptibles de se trouver en Algérie.

Ces individus, bien que peu nombreux, sont jugés essentiels pour la suite des procès en cours et pour éclaircir les flux financiers impliqués. L’approche adoptée par la France se veut similaire à celle qui avait été mise en œuvre avec le Maroc, où une coopération efficace a permis l’extradition de Félix Bingui, un chef de clan rival.

Le ministre français sera accompagné d’une délégation inédite, comprenant le procureur national financier, Pascal Prache. Cette présence vise à répondre aux préoccupations algériennes concernant les biens mal acquis en France, un domaine où un manque de coordination avait été observé par le passé. La procureure nationale anti-criminalité organisée, Vanessa Perrée, se joindra également à la délégation.

Les discussions s’orienteront également vers des affaires individuelles sensibles, notamment celle de Christophe Gleizes, qui a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Ce dernier a été arrêté en mai 2024 alors qu’il effectuait un reportage en Algérie. Le gouvernement français espère que l’absence de pourvoi en cassation ouvre la voie à une éventuelle grâce présidentielle.

Le sort d’un agent consulaire algérien, actuellement en détention provisoire en France, sera également à l’ordre du jour. Selon la Chancellerie, cet agent a pu bénéficier de droits de visite dans le respect de l’indépendance de la justice française.

Bien qu’aucune rencontre avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune ne soit officiellement prévue, une telle rencontre ne peut être totalement exclue. Emmanuel Macron, lors d’une récente déclaration, avait exprimé l’espoir que cette série de visites marquerait le début d’une véritable reprise des relations entre les deux nations.

Le réchauffement observable dans les relations franco-algériennes se manifeste également par une augmentation significative des laissez-passer consulaires pour les expulsions d’individus considérés comme dangereux. Ce nombre est passé de zéro à « quelques centaines » ces derniers mois, témoignant d’une évolution positive dans la coopération bilatérale.

La Chancellerie a affirmé que le travail en commun avec les autorités algériennes se fait désormais dans un climat de confiance. Un changement notable par rapport aux tensions passées, où une rhétorique hostile n’avait pas conduit à des résultats concrets. Cette dynamique actuelle laisse entrevoir de nouvelles possibilités pour un partenariat plus solide entre la France et l’Algérie.