La généralisation du repas à 1 euro dans les restaurants universitaires a suscité une forte affluence, mettant à rude épreuve le personnel. Ce mardi, les employés se sont mis en grève pour dénoncer des conditions de travail devenues insoutenables. Les étudiants, eux, font face à des files d’attente interminables.
EN BREF
- Le repas à 1 euro a provoqué une augmentation significative de la fréquentation.
- Le personnel du Crous dénonce des conditions de travail difficiles et un manque de moyens.
- Les syndicats réclament la création de 500 emplois pour améliorer la situation.
Depuis l’extension du dispositif du repas à 1 euro à tous les étudiants en mai dernier, les restaurants universitaires ont vu leur fréquentation exploser. Les files d’attente, qui étaient déjà longues, sont devenues des épreuves en soi. Camille, étudiante en chimie, témoigne : « Avant, on mettait 20 minutes pour entrer dans le Crous. Aujourd’hui, ça a doublé ». Les étudiants se retrouvent souvent à faire la queue pendant leur pause déjeuner, rendant difficile l’accès à ce service pourtant essentiel.
Enzo, étudiant à Paris-1 Panthéon-Sorbonne, souligne que le temps d’attente ne lui permet pas de profiter du repas. « Quand j’ai une heure entre deux cours, je n’ai tout simplement pas le temps », déplore-t-il. À quelques kilomètres de là, sur le campus Pierre-et-Marie-Curie, la situation est tout aussi tendue. Zarif Ahnaf, étudiant en électronique, indique qu’il passe la majeure partie de sa pause à attendre. « Et une fois à l’intérieur, il n’est même pas garanti d’avoir une place assise », se plaint-il.
Cette affluence a des répercussions sur le personnel, qui se déclare épuisé. L’intersyndicale FO-CFDT-UNSA a donc déposé un préavis de grève, dénonçant des « sous-effectifs chroniques » et des « cadences infernales ». Les conditions de travail sont jugées intolérables, avec un personnel qui se sent physiquement et mentalement épuisé. Les syndicats alertent également sur le manque d’équipements adaptés pour faire face à cette hausse de la demande.
Pour accompagner cette généralisation, l’État avait prévu un budget de 50 millions d’euros en 2026 pour compenser les coûts supplémentaires liés à la hausse de fréquentation. Cependant, malgré cette annonce, les syndicats estiment que cela ne suffit pas. Raymond Rivière, secrétaire fédéral CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, affirme : « Si la fréquentation continue à exploser, il sera nécessaire de compenser les repas, mais rien n’est prévu pour le personnel ». Le manque de moyens pour embaucher et améliorer les conditions de travail est un point central de la grève.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé une augmentation du budget à 143 millions d’euros pour 2027, visant à financer des investissements et à compenser la baisse du prix des repas. Cependant, cette promesse intervient tardivement, selon Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef. « La création de structures aurait dû être lancée dès les premières annonces, début 2026 », estime-t-elle.
Les étudiants et le personnel des restaurants universitaires se retrouvent donc dans une situation délicate. Alors que le dispositif du repas à 1 euro a permis d’élargir l’accès à une alimentation équilibrée, les conditions de travail insuffisantes et l’absence de moyens adaptés mettent en péril la viabilité du service. La grève de ce mardi est un cri d’alarme pour rappeler l’importance d’investir non seulement dans des repas accessibles, mais aussi dans des conditions de travail décentes pour ceux qui les servent.