Ce mercredi 2 septembre 2026, le personnel de Radio France a décidé de passer à l’action face à la nomination de Charles Sapin comme chroniqueur sur France Inter. Réunis en assemblée générale, les employés ont exprimé leur volonté de voir ce choix annulé, qualifiant cette décision de « ligne rouge inacceptable ».
EN BREF
- Les personnels de Radio France annoncent une grève contre la nomination de Charles Sapin.
- La direction défend l’initiative comme un moyen de pluralisme.
- Le choix de Sapin suscite des critiques en raison des liens de son média avec l’extrême droite.
La colère des journalistes de Radio France s’est intensifiée depuis la décision de Céline Pigalle, la directrice de la station, d’inclure Charles Sapin, ancien directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, dans l’équipe des éditorialistes. Cette nomination suscite des tensions, notamment en raison des accusations de partialité qui pèsent sur l’audiovisuel public depuis plusieurs mois.
La CGT, par le biais de son syndicat SNJ-CGT, dénonce la présence de Sapin, la qualifiant de soutien à un « organe de l’extrême droite multi-condamné ». Pour ces syndicats, la décision de la direction de Radio France est perçue comme un affront aux valeurs de neutralité et d’objectivité que le service public devrait incarner.
La société des journalistes de France Inter a également exprimé son opposition. Dans un communiqué, elle a affirmé que l’arrivée de Sapin, qui a par le passé pris pour cibles les médias publics, « ne fait qu’accroître les tensions » déjà présentes au sein de la station.
Le contexte de cette affaire est d’autant plus délicat que la nomination de Sapin intervient dans une période marquée par une commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dirigée par le député Charles Alloncle. Ce dernier a été accusé par certains groupes politiques de vouloir affaiblir le service public, voire de le privatiser. Les tensions entre les différentes parties sont palpables, et la question du pluralisme au sein de l’audiovisuel public demeure au cœur des débats.
Charles Sapin a fait ses débuts en tant que chroniqueur sur France Inter le 30 août 2026, en abordant le sujet de la dette publique. Ses propos, jugés alarmants par certains, n’ont pas manqué de susciter des réactions vives au sein de la rédaction.
Les journalistes de Radio France, qui se sentent de plus en plus menacés par cette nouvelle direction, voient d’un mauvais œil la manière dont les choix éditoriaux semblent influencés par des considérations politiques. Le SNJ a clairement indiqué que cette situation fait de Radio France un « paillasson », une référence aux accusations récurrentes de partialité en faveur de la gauche.
Avec cette grève annoncée, le personnel de Radio France cherche à faire entendre sa voix et à préserver l’intégrité du service public. Les discussions internes sont à l’ordre du jour, et l’avenir de la station dépendra des décisions qui seront prises dans les jours à venir.
Alors que la date du 29 septembre se profile avec un appel à la grève dans la fonction publique, les réactions et les mobilisations risquent de s’intensifier autour de cette problématique du pluralisme et de la liberté d’expression au sein des médias publics.