À moins de huit mois de l’élection présidentielle, l’éducation se révèle être un thème central de la rentrée politique. Les candidats, face à une rentrée marquée par des défis significatifs, comme la crise climatique et le recrutement des enseignants, ont déjà commencé à dévoiler leurs propositions.
EN BREF
- Les candidats s’engagent pour une revalorisation des salaires des enseignants.
- L’adaptation au changement climatique dans les établissements scolaires est une priorité.
- Réduction des effectifs par classe et gratuité des services scolaires sont envisagées.
Cette année, la rentrée scolaire s’annonçait particulièrement mouvementée, notamment à cause d’une cyberattaque ciblant l’Éducation nationale et d’une grève des fonctionnaires prévue pour le 29 septembre. Les élèves ont repris le chemin des classes le 1er septembre, tandis que les candidats à la présidentielle intensifient leurs promesses en matière d’éducation.
Revalorisation des salaires des enseignants
Une des préoccupations majeures des candidats concerne la rémunération des enseignants. Gabriel Attal, représentant de Renaissance, propose d’augmenter les salaires de 200 euros nets par mois, avec un objectif de 500 euros pour les enseignants en milieu de carrière. Cette revalorisation serait financée par des économies dans d’autres domaines, notamment les dépenses sociales.
Bruno Retailleau, candidat des Républicains, s’engage quant à lui à une augmentation de 135 euros, pouvant atteindre 300 euros en milieu de carrière, pour un coût global estimé à 2 milliards d’euros par an. Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon soutiennent également des augmentations significatives, respectivement de 20 % étalées sur cinq ans et immédiates pour Mélenchon, en cas de victoire.
Marine Tondelier, des Écologistes, prône une hausse de 15 % au-dessus de l’inflation, tandis que Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire du PS, appelle à une revalorisation de « d’au moins 10 % », avec des augmentations graduelles atteignant 25 % selon l’évolution de la carrière des enseignants.
Adaptation au changement climatique
Les enjeux environnementaux sont également au cœur des préoccupations des candidats. Après un été marqué par des vagues de chaleur, Marine Tondelier a proposé d’investir massivement dans la rénovation des établissements scolaires, avec un fonds vert de 4 milliards d’euros par an, financé par l’État et les collectivités locales. Jean-Luc Mélenchon et son parti, La France insoumise, envisagent également un plan d’investissement de cinq milliards d’euros par an pendant dix ans.
Raphaël Glucksmann a annoncé une « révolution écologique » en 100 jours, visant à faire de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité des politiques publiques, bien qu’il n’ait pas précisé ses intentions pour le secteur éducatif.
Qualité de l’éducation et effectifs
Les candidats de droite et du centre soulignent la nécessité d’améliorer le niveau scolaire. Édouard Philippe a déclaré qu’il sera « intransigeant » concernant l’enseignement du français et des mathématiques, avec un accent particulier sur les petites classes, jugées cruciales pour l’apprentissage. Bruno Retailleau, partageant cette vision, souhaite restaurer l’« école de l’excellence » en réintroduisant des notes chiffrées.
Gabriel Attal propose de renforcer l’apprentissage de la lecture dès la maternelle et de rétablir des groupes de niveaux en français et en mathématiques, bien que cette mesure ait été abandonnée dans le passé. La question des effectifs est également abordée, avec un consensus naissant sur la nécessité de diminuer le nombre d’élèves par classe, tirant parti de la baisse démographique actuelle.
Gratuité des services scolaires
La question de la gratuité des services scolaires est également soulevée. La France insoumise envisage d’instaurer un « plan de gratuité » pour la cantine, le périscolaire et les fournitures scolaires. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, propose d’offrir le petit-déjeuner à tous les élèves, mettant en avant l’importance d’une alimentation adéquate pour favoriser l’apprentissage.
Les propositions des candidats pour l’éducation à l’approche de l’élection présidentielle 2027 mettent en lumière un large éventail d’engagements et de priorités. Entre revalorisation des salaires, adaptation aux enjeux climatiques et amélioration des conditions d’apprentissage, le débat s’annonce riche et déterminant pour l’avenir du système éducatif français.