Alors que l’hiver approche, l’Ukraine s’inquiète d’un scénario catastrophique en raison de la guerre en cours. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exprimé ses craintes le 22 septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Il a déclaré que son pays, avec l’appui des États-Unis, souhaite voir la fin de ce conflit « absurde » avant le retour des grands froids. Cependant, cette perspective semble peu probable.
EN BREF
- La guerre en Ukraine aggrave les craintes d’un hiver difficile.
- Les infrastructures énergétiques sont gravement endommagées par les frappes russes.
- Le plan de résilience énergétique peine à se concrétiser en raison de financements insuffisants.
Les propos de Zelensky reflètent une anxiété croissante, partagée par de nombreux analystes, qui estiment que l’hiver 2026 pourrait être le plus rude depuis le début des hostilités en février 2022. Ulrich Bounat, analyste géopolitique, souligne que le retour du froid compliquera la vie des civils, notamment à Kiev, où 90 % des centrales nucléaires ont été gravement touchées par les frappes ennemies.
Le Kyiv Independent met en lumière le manque de préparation du pays face à l’hiver. Malgré les discours optimistes des autorités, les efforts pour établir un « plan de résilience énergétique » annoncé en mars par Zelensky n’ont pas avancé. Les responsables affirment que les financements sont insuffisants pour réparer et sécuriser les infrastructures essentielles.
Les réparations sont d’autant plus difficiles en raison des alertes aériennes fréquentes. Alexander De Croo, chef du Programme des Nations unies pour le développement, a déclaré que le travail de réparation devenait « presque impossible » dans ces conditions. À cela s’ajoutent des inquiétudes concernant le système de chauffage centralisé, considéré comme le point faible de l’Ukraine, qui pourrait laisser des quartiers entiers sans chauffage en cas de dommages majeurs.
Les frappes russes intensifient la crise, visant non seulement les infrastructures énergétiques, mais aussi les réseaux de traitement des eaux et les chaînes d’approvisionnement. Ulrich Bounat note que ces attaques témoignent d’une volonté de Moscou de détruire l’économie ukrainienne. Pendant ce temps, l’armée russe a renforcé ses capacités offensives, rendant la situation encore plus précaire pour l’Ukraine.
La faiblesse des défenses aériennes ukrainiennes est également alarmante. Les taux d’interception des frappes ont chuté, passant de 60-70 % à moins de 30 %, ce qui complique la protection des infrastructures critiques. Cela pourrait inciter de nombreux civils à fuir vers des pays voisins comme la Pologne ou la Roumanie.
Au-delà des enjeux énergétiques, les populations des grandes villes se sentent de plus en plus vulnérables. À Kiev, un plan a été élaboré pour abriter 200 000 résidents dans des abris, mais ce chiffre est dérisoire comparé à la population de plus de 3 millions d’habitants dans la capitale. Un manque de préparation qui suscite des inquiétudes quant à la sécurité des civils.
Malgré ces défis, Ulrich Bounat reste optimiste quant à la résilience du peuple ukrainien. Il affirme qu’un « hiver apocalyptique » ne suffirait pas à briser le moral de la population. Cependant, il met en garde contre un scénario où l’Ukraine serait contrainte de faire des concessions importantes, notamment sur le Donbass, sans que cela ne garantisse une paix durable.
Les mois à venir s’annoncent donc cruciaux pour l’Ukraine, confrontée à un double défi : celui de la survie face à un hiver rigoureux et celui de la nécessité d’une résolution durable à un conflit qui semble s’éterniser.