Le gouvernement défend Total face à la pression de la gauche sur la taxation

Alors que les prix des carburants continuent d’augmenter, le gouvernement français fait face à des critiques acerbes de la part de l’opposition de gauche concernant sa décision de ne pas taxer davantage le géant pétrolier TotalEnergies. Les arguments avancés par le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, pour justifier cette position suscitent des réactions vives de la part de plusieurs figures politiques.

EN BREF

  • Le gouvernement refuse de taxer davantage TotalEnergies malgré la hausse des prix.
  • Des figures de gauche, dont Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon, expriment leur indignation.
  • Des initiatives européennes pour taxer les superprofits sont bloquées, selon l’opposition.

Ce mercredi, Serge Papin a déclaré qu’il n’avait « pas envie d’embêter » TotalEnergies, qui a mis en place un plafonnement de ses prix en France. Cette déclaration a provoqué la colère d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, qui a rétorqué sur les réseaux sociaux. Il a souligné que pendant que le gouvernement ne souhaite pas contrarier le géant pétrolier, il impose des sacrifices aux jeunes, aux travailleurs, et aux retraités.

« TotalEnergies a réalisé 11,2 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2026 », a rappelé Faure, mettant en exergue l’incohérence du discours gouvernemental face aux difficultés des Français. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a également critiqué le gouvernement, le qualifiant de « bourgeoisie aux commandes de l’État » qui ne comprend pas les souffrances du peuple.

Éric Coquerel, président de la commission des Finances, a dénoncé l’influence de Total sur le gouvernement, affirmant que ce dernier était « dans la main de Total ». Les critiques se multiplient alors que les prix à la pompe atteignent des sommets inédits. Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire socialiste, a accusé le gouvernement de bloquer une initiative européenne visant à taxer les superprofits des entreprises énergétiques.

Les tensions se sont intensifiées lorsque le ministre Papin a expliqué qu’il ne souhaitait pas « menacer » TotalEnergies en raison des efforts que l’entreprise aurait consentis depuis le début de la crise énergétique. Il a affirmé vouloir que Total continue de plafonner ses prix à 2,25 euros pour le gasoil et 1,99 euro pour l’essence. Ce soutien gouvernemental à TotalEnergies est perçu par l’opposition comme un manque de considération pour les Français, qui subissent de plein fouet la hausse des prix.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a réagi aux accusations, qualifiant de « mensonge » l’idée que la France bloque l’initiative de taxation des superprofits. Elle a rappelé que le Premier ministre n’était pas opposé à cette idée, mais qu’il favorisait plutôt un mécanisme au niveau européen plutôt qu’une taxe nationale. Cette position a soulevé des questions sur l’engagement réel du gouvernement à soutenir les consommateurs face à l’augmentation des prix, alors que plusieurs pays européens, comme l’Espagne et l’Allemagne, appellent à une taxation des bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.

Les appels de l’opposition à une taxation exceptionnelle continuent de résonner, avec des personnalités comme Aurore Lalucq, eurodéputée, exhortant le gouvernement à démontrer son engagement. « Vous bloquez depuis des mois et j’en suis témoin », a-t-elle déclaré sur les réseaux sociaux, appelant à une déclaration officielle pour établir une véritable volonté de taxation.

Alors que le débat sur la taxation des superprofits se poursuit, le gouvernement devra gérer la pression croissante de l’opposition tout en justifiant sa stratégie face à une situation économique difficile pour de nombreux Français.