Incendie de Crans-Montana : des échanges accablants pour les propriétaires Moretti

La tragédie de l’incendie survenu à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 personnes, prend une tournure encore plus sombre. Le jeudi 11 juin, de nouveaux échanges entre Jacques et Jessica Moretti, propriétaires français de l’établissement, ont été révélés, mettant en lumière leur éventuelle connaissance des risques liés à la sécurité incendie. Ces messages, dévoilés par les avocats de plusieurs victimes, sont désormais au cœur de l’enquête.

EN BREF

  • Des échanges entre les propriétaires Moretti révèlent des préoccupations sur les risques d’incendie.
  • Les avocats des victimes demandent un durcissement des poursuites pour « meurtre par dol éventuel ».
  • Les enquêteurs doivent prochainement entendre à nouveau le couple Moretti.

Des révélations inquiétantes

Les avocats Sophie Haenni et Ludovic Tirelli, représentant les familles des victimes, ont demandé à la justice suisse de requalifier les poursuites contre Jacques et Jessica Moretti. Ils souhaitent que le couple soit poursuivi pour « meurtre par dol éventuel », une accusation plus grave que celle d’homicide par négligence, qui pourrait entraîner jusqu’à 20 ans de prison. Ce terme juridique est applicable lorsque la personne est consciente d’un risque grave et accepte que celui-ci se réalise.

Les enquêteurs continuent de rassembler des éléments pour établir avec précision les circonstances de cette tragédie. Les récents échanges de courriels, datés de plus de cinq ans, mettent en lumière une possible prise de conscience des risques par le couple Moretti. Dans un message du 13 décembre 2019, Jessica Moretti évoque des clients intéressés par des bouteilles décorées de bougies scintillantes. Elle avertit alors ses employés : « Ah bien ! S’ils veulent des scintillants, faites très attention, restez jusqu’à ce que le scintillant s’éteigne. Car s’il tombe sur le canapé ou au sol, ou qu’ils le tiennent en hauteur et crament la mousse, le Constel brûle ».

Une défense contestée

Ces propos, selon les avocats des victimes, témoignent d’une inquiétude et d’une conscience des dangers. Me Ronald Asnard, l’un des avocats, souligne : « Ces messages vont au-delà de simples précautions d’usage. On sent une véritable attention portée à cette mousse ». La défense des Moretti, cependant, conteste cette interprétation. Leur avocat, Me Nicola Meier, affirme que ces échanges démontrent simplement le respect des consignes de sécurité habituelles.

Un autre message, daté du 21 août 2021, soulève également des questions. Jacques Moretti interroge un employé sur une porte de secours, demandant si celle-ci est toujours bloquée. La réponse est affirmative, ce qui soulève des préoccupations quant à la sécurité des lieux. « Oui, la porte est toujours bloquée ! Et non, on ne laisse pas les portes ouvertes ! », répond l’employé.

Une pression croissante sur les Moretti

Ces nouveaux éléments renforcent la détermination des familles des victimes. Maximilien Chayrigues, père d’une des victimes et président de l’association « REVI Crans-Montana », déclare : « Au vu des preuves qui s’accumulent, chaque jour nous apporte des informations qui alourdissent les accusations contre les Moretti ». Les procureurs suisses prévoient d’entendre à nouveau le couple en juillet 2026, alors que les familles continuent de revendiquer justice.

Ce drame, qui a marqué la communauté de Crans-Montana, soulève des questions profondes sur la responsabilité et la sécurité dans les établissements accueillant du public. Les révélations récentes pourraient changer le cours des événements dans cette affaire tragique.