À la suite d’un incendie massif qui a ravagé plus de 42 000 hectares près de Bordeaux, des inquiétudes croissantes émergent concernant la sécurité de plusieurs sites sensibles. Ces installations, allant des usines de défense aux centres de recherche, sont désormais exposées à un danger imminent, surtout autour de l’aéroport de Bordeaux Mérignac.
EN BREF
- Un incendie massif menace des sites industriels et de recherche près de Bordeaux.
- Ariane Group et d’autres entreprises de défense prennent des mesures de sécurité.
- Le site du Commissariat à l’énergie atomique est également sous surveillance.
Ce mercredi 22 juillet, l’incendie qui a débuté à Saumos, dans l’ouest de la Gironde, a suscité l’inquiétude des autorités locales, notamment en ce qui concerne les installations industrielles et scientifiques. Les vents forts ont exacerbé la situation, dirigeant le feu vers le sud-ouest de la métropole bordelaise.
Les installations d’Ariane Group, qui jouent un rôle crucial dans le domaine spatial et de la défense, sont particulièrement concernées. Deux de leurs sites à Saint-Médard-en-Jalles, une commune évacuée, sont dédiés au chargement en propergol des missiles balistiques M51. Un troisième site, situé au Haillan, est spécialisé dans la production de moteurs pour le lanceur Ariane 6. Le ministère des Armées a déjà déployé des « experts et des moyens » pour assurer la sécurité de ces installations.
« Ariane Group est en contact permanent avec les autorités locales et nationales. Les enjeux liés à la protection de nos sites sont pris en compte », a déclaré un représentant de l’entreprise à l’AFP. Des camions de pompiers ont été observés à l’intérieur du périmètre sécurisé, témoignant de la mobilisation des secours.
À Saint-Médard, d’autres acteurs de l’industrie de défense comme Roxel France, Dassault, Safran et Thales sont également présents. Ces entreprises, qui contribuent à la sécurité nationale, se trouvent dans une situation précaire, alors que le feu continue de se propager.
Pour contrer la menace, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a indiqué que des travaux de terrassement sont en cours autour des sites sensibles pour créer des pare-feux. Ces mesures visent à éliminer tout combustible susceptible d’alimenter le feu. « Nous avons une cartographie sur les risques et les effets que pourrait avoir l’arrivée de l’incendie sur chaque site », a précisé Marc Vermeulen, directeur du SDIS 33.
Plus au sud, le site du Commissariat à l’énergie atomique (CEA Cesta), qui abrite le Laser Mégajoule, est également surveillé de près. Bien qu’il soit éloigné de la forêt et protégé par des zones dégagées, Philippe Bérisset, responsable de la communication du CEA, a rassuré en affirmant que « tout est sous contrôle ». Les leçons tirées des incendies de l’année précédente ont permis de mieux préparer cette situation.
Jacques Moretto, premier adjoint à la mairie du Barp, a souligné l’importance stratégique de ce site, qui reçoit une attention particulière de l’État, notamment en raison des enjeux liés à la dissuasion nucléaire. Le CEA Cesta est ainsi considéré comme un atout pour la commune, garantissant une protection proactive.
Alors que la situation reste tendue, les efforts des autorités et des entreprises pour sécuriser ces sites stratégiques ne faiblissent pas. L’avenir immédiat de ces installations dépendra de la capacité à maîtriser les flammes et à protéger les infrastructures essentielles à la sécurité nationale.