Les récentes hausses des prix des carburants et du gaz ravivent les souvenirs des mobilisations des Gilets jaunes en France. Alors que le gouvernement reste ferme sur les taxes, la question d’un retour à la contestation se pose. Les Français, confrontés à une inflation croissante et à une baisse de la croissance, semblent hésiter à investir les rues pour exprimer leur mécontentement.
EN BREF
- Les prix du carburant et du gaz continuent d’augmenter, impactant le pouvoir d’achat.
- Les Gilets jaunes semblent inactifs malgré une colère grandissante parmi les Français.
- Les élections présidentielles de 2027 pourraient influencer la mobilisation sociale à venir.
Au cœur de cette problématique, une phrase prononcée par un étudiant sur RMC résonne encore : “À l’époque des Gilets jaunes, on manifestait pour 1,50 euro, maintenant c’est 2,20 euros”. Cette observation illustre bien la montée des prix. Le gouvernement a écarté toute possibilité de baisser les taxes sur le carburant. De plus, le prix du gaz, qui augmentera de 6,3 % au 1er octobre, affectera environ 6 millions de ménages ayant souscrit à des offres indexées sur le prix moyen.
Face à cette situation, l’Insee a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le pays, prévoyant une hausse de seulement 0,4 % en 2026. L’inflation, quant à elle, grimpe à 2,9 %, soit 0,5 point de plus qu’en août, accentuant le malaise des Français.
Une colère silencieuse
Les Gilets jaunes doivent-ils reprendre les manifestations ? Pour l’instant, la colère des Français ne se traduit pas par des mobilisations significatives, comme cela avait été le cas dans le passé. Xavier, auditeur des Grandes Gueules, exprime son désarroi face à cette situation : “Je souhaite que les gens descendent dans la rue et défendent leurs intérêts. Mais je pense que dans la société actuelle, les gens sont devenus individualistes.”
Cette individualisation des luttes semble avoir transformé les citoyens en “révolutionnaires Facebook”, des personnes qui expriment leurs opinions en ligne, mais qui peinent à passer à l’action. Selon l’avocat Charles Consigny, la temporalité joue également un rôle crucial dans ce phénomène. “Il y a une élection présidentielle qui arrive”, constate-t-il. Les Français pourraient choisir d’exprimer leur mécontentement par leur vote plutôt que dans la rue.
Un désir de retour à la mobilisation
Thierry, ancien Gilet jaune, partage son envie de retrouver la lutte collective : “J’ai été Gilet jaune, j’ai manifesté, je suis descendu dans la rue. Je meurs d’envie de faire partie à nouveau des Gilets jaunes.” Cette déclaration met en lumière un sentiment latent d’insatisfaction qui pourrait éventuellement se transformer en action. Philippe Moati, professeur d’Économie à l’université Paris Cité, évoque également cette possibilité : “Les braises sont chaudes. Il suffit donc, comme souvent, d’une étincelle pour que tout s’enflamme de nouveau.”
La situation actuelle soulève des interrogations : les Français, face à la hausse des prix et à une crise du pouvoir d’achat, seront-ils en mesure de se mobiliser à nouveau dans les rues ? Ou choisiront-ils de faire entendre leur voix par le biais des urnes dans un contexte politique de plus en plus tendu ? L’avenir proche pourrait bien nous apporter des réponses à ces questions.