La question de la souveraineté industrielle en France est au cœur des préoccupations de Charles Wolf, directeur France de Sanofi. Ce vendredi 11 septembre, lors d’une interview matinale, il a exprimé des critiques acerbes à l’encontre de la politique industrielle du pays. Son constat : la France semble perdre en compétitivité dans le secteur pharmaceutique, alors que la relocalisation des productions devient une nécessité.
EN BREF
- Charles Wolf dénonce l’absence d’actions concrètes pour soutenir l’industrie pharmaceutique en France.
- La France ne produit que 9% des nouveaux médicaments approuvés en Europe, contre 24% pour l’Allemagne.
- Wolf appelle à prioriser la relocalisation des médicaments innovants pour renforcer la compétitivité.
Wolf, qui préside l’initiative Pharma, un syndicat patronal visant à renforcer la souveraineté française dans le domaine pharmaceutique, a souligné l’urgence d’une relocalisation des productions. Selon lui, la France doit impérativement réagir pour ne pas se laisser distancer par d’autres pays européens comme l’Allemagne, qui, avec ses 24% de médicaments approuvés, affiche une capacité de production largement supérieure.
« Il faut très vite changer de programme », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de lancer en France des médicaments innovants et souverains à un prix compétitif. Cette stratégie, selon Wolf, permettrait de restaurer l’attractivité du marché français face à d’autres pays. Il a également mis en lumière un paradoxe : malgré l’expertise en recherche qui demeure en France, le pays souffre d’un manque d’échelle et de compétitivité dans le secteur pharmaceutique.
Wolf a ainsi évoqué un constat alarmant : « Il y a une écoute attentive des autorités, mais dans les actes, je ne vois rien. » Cette déclaration souligne le fossé entre les discours politiques et la réalité du terrain. En effet, le patron de Sanofi s’inquiète des conséquences d’une politique industrielle jugée trop lente et peu efficace. « On ne peut pas avoir un temps politique qui congèle le reste », a-t-il insisté, en se demandant ce que fait réellement la France dans ce contexte de compétition accrue.
Il a également souligné que les États-Unis et la Chine redessinent actuellement les cartes de l’industrie de santé, en raison de leurs stratégies de prix plus élevées pour les médicaments. « Avant, on était dans un monde aux frontières ouvertes, on pouvait exporter. Maintenant c’est fini », a-t-il ajouté. Cette évolution du marché mondial impose à la France de reprendre son destin en main, selon Wolf, afin de garantir une industrie pharmaceutique dynamique et compétitive.
En conclusion, les propos de Charles Wolf résonnent comme un appel à l’action pour la France. Le défi est de taille : il s’agit de redéfinir la stratégie industrielle du pays afin de sécuriser l’avenir de l’industrie pharmaceutique. La relocalisation, la compétitivité et l’innovation doivent être au cœur des préoccupations des décideurs politiques pour éviter que la France ne devienne un acteur marginal dans ce secteur clé.