À partir du 1er janvier 2027, une mesure législative va bouleverser la vie de nombreuses personnes en situation de handicap. En effet, le cumul de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) et de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) ne sera plus autorisé. Cette décision, qui concerne environ 15.000 bénéficiaires, pourrait entraîner une chute de revenus pouvant atteindre près de 600 euros par mois, suscitant de vives inquiétudes parmi les associations de défense des droits des personnes handicapées.
EN BREF
- À partir de janvier 2027, le cumul de l’AAH et de l’ASS sera supprimé.
- Environ 15.000 bénéficiaires pourraient perdre jusqu’à 600 euros par mois.
- Les associations s’inquiètent des conséquences sur les droits à la retraite et le parcours professionnel des concernés.
Cette mesure, déjà annoncée dans la loi de finances de 2017, avait été assouplie par le biais d’une dérogation permettant aux individus bénéficiant des deux aides fin 2016 de continuer à les percevoir pendant une période de dix ans. Malheureusement, cette période arrive à son terme, et les bénéficiaires se trouvent désormais dans une situation d’incertitude quant à leurs futures allocations.
L’Allocation de solidarité spécifique est destinée aux demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits au chômage, tandis que l’Allocation aux adultes handicapés vise à garantir un revenu minimal aux personnes en situation de handicap. Avec la suppression du cumul, les bénéficiaires ne toucheront plus l’ASS, qui est inférieure à l’AAH. En effet, alors que l’AAH s’élève à environ 1.041 euros mensuels, l’ASS n’atteint que près de 600 euros.
Les associations, telles qu’APF France handicap, expriment leur profonde préoccupation face à cette décision. Elles soulignent que cette perte de revenus ne pourra pas être compensée par d’autres mesures, laissant les personnes concernées dans une situation financière précaire. Cela pourrait également avoir un impact significatif sur leurs droits futurs à la retraite, car l’ASS permet de valider des trimestres assimilés, contrairement à l’AAH. Cette situation pourrait constituer une « double peine » pour des individus dont les parcours professionnels ont déjà été fragilisés par leur handicap.
Les bénéficiaires de ces aides se retrouvent donc face à une réalité difficile, sans avoir été véritablement informés des modalités de cette réforme. Ce manque de communication accentue l’angoisse d’une population déjà vulnérable, qui doit faire face à des défis quotidiens exacerbés par des revenus en chute libre.
À l’approche de la mise en œuvre de cette mesure, il est essentiel que les autorités prennent des mesures pour informer les personnes concernées et envisagent des solutions pour atténuer les conséquences de cette suppression de cumul. Les associations continuent de plaider pour une reconnaissance des spécificités des parcours des personnes en situation de handicap et pour des mesures de soutien adaptées.
En somme, la fin du cumul de l’AAH et de l’ASS représente un tournant inquiétant pour de nombreux bénéficiaires qui risquent de voir leurs conditions de vie se dégrader, sans soutien suffisant pour les accompagner dans cette transition.