Dans le Nord-Est de l’Angleterre, un homme de 53 ans partage son expérience de perte de poids grâce à des injections amaigrissantes comme Mounjaro et Wegovy. Son témoignage soulève une question cruciale : pourquoi tant d’hommes hésitent-ils à évoquer leur recours à ces traitements ? À travers des récits personnels et une analyse médicale, cet article met en lumière un sujet de santé publique souvent négligé.
EN BREF
- De nombreux hommes cachent leur usage d’injections amaigrissantes par honte.
- Un suivi médical est essentiel pour éviter les complications liées à ces traitements.
- Les témoignages montrent des résultats positifs mais soulignent le manque de données sur ce sujet.
Selon une enquête, l’usage des injections amaigrissantes reste stigmatisé, en particulier dans les régions où l’obésité est répandue. Pour une majorité d’hommes, recourir à ces traitements est perçu comme moins honorable que de suivre un régime ou de faire du sport. Ce tabou social contribue à un silence persistant autour de ces méthodes de perte de poids.
L’homme de 53 ans, qui pesait à l’origine plus de 222 kg, a réussi à perdre 32 kg grâce à un régime, avant de se tourner vers les injections pour atteindre un total de 50 kg de perte. Son parcours illustre une réalité partagée par de nombreux hommes, qui se heurtent à la honte de devoir recourir à des solutions médicales pour gérer leur poids.
Des estimations révèlent qu’environ 1,6 million d’adultes en Angleterre, au Pays de Galles et en Écosse, ont utilisé des médicaments amaigrissants au cours de l’année 2024-25, souvent en dehors du cadre médical traditionnel. Beaucoup d’entre eux s’approvisionnent dans des pharmacies privées, généralement après des discussions informelles avec des proches.
Les effets secondaires associés à ces traitements, tels que des troubles digestifs, des nausées et parfois des troubles de l’humeur, soulèvent des inquiétudes. Les recommandations de l’NHS insistent sur la nécessité d’un suivi médical rigoureux, en particulier pour ceux qui envisagent d’utiliser ces médicaments. Pourtant, le secret entourant leur usage rend cette supervision difficile, ce qui expose les utilisateurs à des risques non maîtrisés.
« Je me demande s’il n’y a pas une forme de honte à recourir à quelque chose de médical pour s’aider », déclare un médecin généraliste, résumé l’état d’esprit de nombreux hommes. Une autre voix, celle de Barry, un résident de Chester-le-Street, témoigne de sa perte de poids de 158 kg à 122 kg grâce aux injections. Il décrit une perte de poids progressive, qui l’a motivé à améliorer son alimentation et à être plus actif. Pour lui, le coût élevé des traitements valait la peine.
Les obstacles à une prise en charge appropriée sont donc nombreux. La honte ressentie par certains hommes entrave leur accès à un soutien médical adéquat. En conséquence, ils restent vulnérables aux effets secondaires et à d’autres complications potentielles, ce qui souligne l’importance d’une discussion ouverte sur le sujet.
Les récits personnels des utilisateurs d’injections amaigrissantes mettent en lumière à la fois les bénéfices et les limites de ces traitements. Bien qu’ils puissent entraîner des pertes de poids significatives, l’absence de données sur les profils d’utilisateurs et sur les conditions de suivi médical soulève des questions importantes. Il serait utile de mener des études quantitatives pour explorer davantage ce phénomène et ainsi contribuer à déstigmatiser l’utilisation des injections amaigrissantes.
Alors que ces traitements deviennent de plus en plus courants, le fait d’en parler reste un défi pour de nombreux hommes. Lever ce tabou pourrait ouvrir la voie à une meilleure prise en charge, en favorisant un dialogue sans jugement et en permettant un suivi médical adapté.